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Rachid Guerraoui, Pr. d’informatique à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne : L’Afrique sur le front de la cryptomonnaie  

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Après le mobile money, la deuxième révolution monétaire de l’Afrique devrait être portée la cryptomonnaie. Pour y faire face, certains pays ont déjà entrepris la course à “l’armement”, en développant leur propre monnaie virtuelle. C’est le cas du Nigeria qui a lancé le e-naira. Pas étonnant pour le Pr. Rachid Guerraoui de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse, car la crypto monnaie “c’est une valeur refuge”.  Décryptage.

AFRIMAG : L’Afrique est le 1er à utiliser le bitcoin pour sa fonction initiale de transfert de valeur, sans passer par un exchange centralisé. Le bitcoin est-il l’avenir monétaire de l’Afrique ? 

Rachid Guerraoui : Je ne sais pas si c’est l’avenir monétaire de l’Afrique. Ça se pourrait bien et l’Afrique pourrait passer directement aux cryptomonnaies sans passer par des chéquiers et des cartes de crédits, pour beaucoup de pays. Mais les technologies sous-jacentes sont clairement intéressantes et pourraient, dans une version plus frugale, avoir leur place en Afrique.

L’Afrique peut-elle faire face aux menaces qui accompagnent l’utilisation des monnaies numériques, notamment les arnaques, la criminalité organisée, les délits financiers ? 
De manière probablement étonnante, les cryptomonnaies semblent très robustes et résilientes aux attaques. Je ne pense pas qu’il faille une préparation particulière.

La cryptomonnaie notamment le bitcoin est-elle la solution à la sous-bancarisation en Afrique ? 
C’est une solution ! Probablement pas le bitcoin qui coûte beaucoup en terme d’énergie, mais peut-être une autre cryptomonnaie.

Le Nigeria vient de lancer le e-naira, qui serait à l’origine de la valorisation de PIB de 15 milliards de dollars par an. Comment expliquer la corrélation entre monnaie numérique et hausse de PIB ? 
C’est une valeur refuge qui attire du monde en temps de crise. Cela n’est donc pas surprenant.

                                    Entretien réalisé par François Dry 

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