A un an et demi de l’élection présidentielle, la saison des candidatures est lancée en République démocratique du Congo (RDC) et provoque déjà un remue-ménage annonciateur d’éventuels retournement d’alliances.
Jusque récemment, le seul candidat déclaré était le président sortant lui-même, Félix Tshisekedi, qui avait annoncé dès 2020, trois ans avant la fin de son mandat, qu’il en briguerait un deuxième, comme le lui permet la Constitution.
Mais depuis début mai, le terrain politique s’échauffe. L’ancien Premier ministre controversé Augustin Matata Ponyo (2012-2016) a pris de court la concurrence en annonçant son intention de se lancer dans la course à la présidence. Accusé de détournement présumé de fonds publics lorsqu’il était chef du gouvernement, Matata Ponyo a vu son horizon s’éclaircir en novembre dernier, quand la Cour constitutionnelle a estimé qu’elle n’avait pas compétence à le juger, coupant court aux poursuites contre lui. Une décision qui a alimenté des soupçons de corruption sur le président de cette Cour, Dieudonné Kaluba, qui a été débarqué le 10 mai selon une procédure de tirage au sort étrange et contestée par une partie de la classe politique.
Beaucoup y ont vu la main de la présidence, qui n’aurait pas voulu le maintenir à la tête de cette instance, cruciale dans le processus électoral puisqu’elle proclame en dernier ressort les résultats de la présidentielle et des législatives.
L’annonce de la candidature de l’ancien premier ministre sous Kabila a aussi incité d’autres candidats à sortir du bois. Sur la ligne de départ, Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 qui, interrogé par l’AFP, déclare qu’il est « naturellement » candidat à celle de 2023. Son allié de la Coalition d’opposition Lamuka est aussi annoncé : « Adolphe Muzito est le candidat naturel du parti Nouvel élan, assure son secrétaire général Blanchard Mongomba. De son côté, l’ancien gouverneur du Katanga, l’homme d’affaires milliardaire Moïse Katumbi, se réserve encore. Mais l’un de ses proches affirme que sa candidature à la présidentielle « s’impose », rapporte l’AFP.





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