Les banques centrales ont ajouté 1.044,6 tonnes à leur matelas de réserves de change en 2024, selon un bilan publié mercredi 5 février par le World Gold Council. Les achats nets du métal jaune dépassent le seuil symbolique de 1.000 tonnes pour la troisième année de suite, tirés par la stratégie des pays qui cherchent à réduire leur dépendance du dollar et l’exposition à d’éventuelles sanctions américaines. Pas de chance pour eux, car le marché de l’or se négocie jusqu’à nouvel ordre, en billet vert
A l’issue d’un sondage ayant révélé en juin 2024 que 29 % des banques centrales prévoyaient d’augmenter leurs stocks d’or, le World Gold Council relève que la hausse de l’inflation et les risques géopolitiques encourageaient en partie ces achats. Dans un rapport publié à la fin de l’année dernière, le Forum des institutions monétaires et financières (OMFIF) confirme cet appétit des instituts d’émission. L’organisme y explique que l’incertitude géopolitique et économique, amplifiée par la guerre en Ukraine et la montée des tensions géopolitiques, pousse de nombreux pays à diversifier leurs réserves. L’or est perçu comme un actif stratégique, car il n’est la responsabilité d’aucun Etat ou institution financière.
«La militarisation du dollar résultant des sanctions imposées par les Etats-Unis a renforcé la pression exercée sur les banques centrales pour qu’elles se détournent des actifs libellés en dollar. Un plus grand nombre de pays considèrent désormais l’or comme un instrument de diversification et un moyen de prendre pied dans un futur système monétaire potentiel, si et quand l’influence des Etats-Unis diminuera», indique le rapport du Forum des institutions monétaires et financières.
Au-delà de cette position stratégique, le recours au métal jaune en lieu et place du dollar a aussi un rôle pratique plus immédiat pour certaines banques centrales. Au Ghana par exemple, la Banque centrale a lancé un programme national d’achat d’or auprès des producteurs locaux, permettant au gouvernement d’utiliser les lingots pour payer certaines dépenses publiques. Cela permet de préserver les réserves en cash, notamment le dollar. En 2024, le Ghana a ainsi ajouté 11 tonnes d’or aux réserves de sa banque centrale.
Selon le World Gold Council, les achats nets des banques centrales pourraient à nouveau dépasser la barre des 1.000 tonnes en 2025. L’institution cite notamment les guerres commerciales déclenchées par les décisions de Donald Trump. Ces achats massifs d’or s’accompagnent néanmoins de certains risques. En stimulant la demande d’or, les banques centrales contribuent à la hausse du prix du métal jaune, qui a établi 40 nouveaux records de prix en 2024. En octobre 2024, le World Gold Council a d’ailleurs noté que la forte augmentation des cours de l’or a «freiné certains achats» de la part des banques centrales.

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