Les autorités ont à nouveau arrêté la principale figure de l’opposition, Victoire Ingabire, accusée «d’incitation aux troubles à l’ordre public et de création d’une organisation criminelle,» une accusation dénoncée par ses avocats qui l’ont qualifiée d’«acharnement politique»
Ingabire, qui dirige le parti d’opposition Dalfa-Umurinzi, était rentrée d’exil pour se présenter à l’élection présidentielle de 2010, mais elle en avait été empêchée après avoir été accusée de négationnisme du génocide. Deux ans plus tard, elle a été emprisonnée pour des accusations liées à un complot en vue de former un groupe armé et à une tentative de minimiser le génocide, accusations qu’elle a toujours niées. Elle est sortie de prison en 2018.
Cette fois-ci, les autorités accusent cette opposante historique d’avoir «joué un rôle dans la création d’une organisation criminelle et d’avoir commis des actes incitant à l’ordre public,» a indiqué le Bureau d’enquêtes du Rwanda dans un communiqué publié jeudi 19 juin. La date de son inculpation n’a pas été précisée. «Pour nous, il s’agit de la continuation d’un long processus d’intimidation et de harcèlement politique contre Victoire et ses partisans,» a déclaré à Reuters Iain Edwards, l’un des avocats internationaux d’Ingabire. «Il s’agit de la réduire au silence et d’avertir les autres de ne pas critiquer le gouvernement. Au Rwanda, on craint toujours pour la vie des opposants politiques. Je crains certainement pour sa vie,» a-t-il ajouté.
L’année dernière, le président Paul Kagame, au pouvoir depuis un quart de siècle, a été réélu après avoir obtenu 99,18 % des voix, selon la Commission électorale.





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