fbpx

Sécurité alimentaire : L’Afrique sera-t-elle au rendez-vous de 2050 ?

Pinterest LinkedIn Tumblr +

La 4e édition du sommet Afrique-UE s’est déroulée du 28 au 29 novembre 2021 à Marrakech au Maroc. L’économie circulaire, avec pour pierre angulaire l’agriculture, fut au cœur des échanges notamment au cours du panel dédié à l’agriculture et à l’agrobusiness. Comment se positionne l’Afrique sur l’échiquier mondial dans ces secteurs aux retombées porteuses ?

L’Afrique détient une part conséquente des 600 millions ha de terres arables encore disponibles dans le monde et 65% des terres arables non cultivables. Pourtant, les rendements agricoles réalisés chaque année sur le continent sont deux à trois fois inférieurs à la moyenne mondiale. Ces statistiques alarmantes nous rappellent les grands défis que le continent doit affronter dans les prochaines décennies. Des solutions existent pourtant pour renverser la tendance selon les experts qui ont animé le panel intitulé : “Agriculture et agrobusiness : Une agriculture plus forte pour un développement rural plus juste”. Ces solutions se situent sur le plan local, continental mais également sur une meilleure orientation de la coopération UE-Afrique.

Iliass El Fali, conseiller du Président du groupe OCP

Iliass El Fali, conseiller du Président du groupe OCP

Sur le plan local, il urge de soutenir les paysans africains notamment en matière de renforcements des capacités et de dotations en intrants agricoles adaptés : “le groupe OCP a créé Agribooster afin d’apporter à nos paysans des engrais adaptés qui protègent les sols et les cultures. Nous fournissons, chaque année, dans ce cadre plus d’1 million de tonnes d’engrais en Afrique”, a souligné Iliass El Fali, conseiller du Président du groupe OCP, leader mondial dans la production d’engrais. Par ailleurs, il importe également de réduire drastiquement, voire d’éradiquer les gaspillages : “Chaque année, les pertes post-récoltes sont estimées entre 15 et 30% en Afrique”, rappelle Godfred Bahiigwa, Directeur du département agriculture de l’Union africaine (UA). Ces pertes sont essentiellement dues aux techniques de récoltes inappropriées ainsi qu’aux conditions d’entreposage et de stockage des produits (fruits, légumes, céréales…).

Comme solutions, sur le plan continental les mesures promises par la ZLECA (Zone de libre-échange continental) en matière de libre circulation des biens à travers le continent et de levées des barrières douanières contribueront à une agriculture plus efficiente. Mais la ZLECA promet d’aller plus loin que ces mesures : ”au-delà de la disponibilité des denrées alimentaires, la ZLECA insistera également sur la qualité des produits ainsi que de leur sécurité, de la chaîne de production”, rassure Godfred Bahiigwa.

Enfin, sur le plan de la coopération, il est impératif et urgent de créer les conditions à un investissement massif au profit du secteur agricole en Afrique. En effet, le continent africain reste le premier partenaire de l’Union européenne dans ce secteur vital : “Nous insistons depuis plusieurs années sur les partenariats privés entre l’Afrique et l’Europe. En effet, ceux-ci ont montré leur efficacité notamment en matière d’investissements au profit du secteur en Afrique”, a rappelé Phil Hogan, ancien Commissaire européen pour l’agriculture. Une agriculture mieux structurée en Afrique rendrait ces investissements et par ricochet la chaîne d’approvisionnement plus efficients, selon Iliass El Fali

Agriculture : grosse pourvoyeuse d’emploi

Le secteur agricole est un gros pourvoyeur d’emplois. Son efficience suppose le développement des secteurs connexes. ”Une agriculture efficiente et durable se doit également d’intégrer les technologies. Les partenariats entre les deux continents (Afrique et Europe) doivent inclure les échanges de connaissances, les résultats des recherches ainsi que les transferts de technologies allant dans ce sens. C’est l’une des conditions pour pouvoir accéder aux objectifs fixés dans l’agenda 2063 de l’Union africaine”, a insisté Willie Schulz Greve, Directeur du département agriculture et développement rural de l’UE. Enfin, tous les experts ont insisté sur une approche plus globale de la question. En effet, l’agriculture n’est qu’un pan de l’économie circulaire qui mérite que l’on s’y attarde davantage : “Les énergies renouvelables réduiraient considérablement l’impact négatif de l’agriculture sur l’environnement. Il est urgent d’orienter une part non négligeable de ces investissements vers le développement de ces sources d’énergie propre”, a insisté Daniel Nahon, professeur à l’université Aix-Marseille.

Partager.

Répondre