La loi d’amnistie, adoptée à la fin du mandat de Macky Sall et qui efface les actes liés aux manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024, sera révisée, a annoncé le Premier ministre Ousmane Sonko vendredi.
Ce dernier s’exprimait devant les députés lors de sa déclaration politique générale, attendue depuis plusieurs mois
«Dans les semaines à venir, il sera proposé à votre auguste assemblée un projet de loi abrogeant la loi d’amnistie adoptée le 6 mars 2024 par la précédente législature», a indiqué Sonko lors de son discours de plus de deux heures.
Lorsqu’il a été interrogé sur le choix du terme «abroger» plutôt que «rapporter», Sonko a expliqué qu’il s’agissait de retirer de la loi ce qui ne devait pas y figurer.
Lors de l’adoption de cette loi, les députés du parti Pastef avaient voté contre, estimant que les «crimes de sang», «actes de torture» et «exécutions sommaires» ne devaient pas être couverts par cette amnistie.
Aissata Tall Sall, ancienne ministre de la Justice et présidente du groupe parlementaire de l’opposition, a réagi en ces termes : «vous voulez abroger la loi d’amnistie ? Abrogez-la, mais assumez les conséquences.»
Bilan désastreux des manifestations
Elle a ajouté : «j’ai défendu cette loi en tant que ministre de la Justice, j’étais dans mon rôle.»
Les manifestations, dans lesquelles Ousmane Sonko a joué un rôle central, ont fait plus de 80 morts, des blessés et des centaines de prisonniers, dont Sonko et Bassirou Diomaye Faye, libérés grâce à l’amnistie.
Le Premier ministre a également pris le temps de détailler les grandes lignes de la Vision Sénégal 2050, un projet que son équipe prévoit de mettre en œuvre à travers un changement de paradigme dans les politiques.





Sénégal


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