Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau ferroviaire. Proparco, la Société financière internationale (SFI) et la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) viennent de conclure un accord de financement de 312 millions d’euros destiné à accélérer la rénovation de cette infrastructure stratégique. Objectif : restaurer les performances du Transgabonais, renforcer sa sécurité et accompagner les ambitions logistiques du pays à l’horizon 2029.
Le Programme de modernisation et de sécurisation (PMS) du Transgabonais entre dans une nouvelle séquence. Un accord de financement de 312 millions d’euros, soit près de 356 millions de dollars, a été signé entre Proparco, la Société financière internationale (SFI) et Setrag, concessionnaire du réseau ferroviaire gabonais.
Cette troisième phase du programme mobilise 225 millions d’euros de nouveaux financements, auxquels s’ajoutent 87 millions d’euros destinés au refinancement des précédentes opérations. Les ressources serviront à poursuivre la réhabilitation des 648 kilomètres de voie reliant Owendo, principal port du pays, à Franceville, dans le sud-est, tout en modernisant les infrastructures et les systèmes d’exploitation de cette ligne mise en service en 1978.
Au-delà des travaux de rénovation, l’enjeu est de rendre le réseau plus fiable, plus sûr et plus performant, afin d’élargir progressivement son rôle au transport de voyageurs et de marchandises au-delà du seul secteur minier.
Une infrastructure au cœur de l’économie gabonaise
Véritable artère logistique du Gabon, le Transgabonais demeure un maillon essentiel de l’économie nationale. Selon les estimations, il contribue à près de 20 % du produit intérieur brut (PIB) et constitue, pour de nombreuses localités enclavées, le seul moyen de transport fiable pour les populations et les activités économiques.
Le vieillissement de l’infrastructure a cependant fragilisé cette position stratégique. Les limitations de capacité, conjuguées à plusieurs incidents de circulation, notamment des déraillements ayant entraîné des interruptions de trafic durant plusieurs jours, ont pesé sur la fluidité des échanges et sur les exportations de produits stratégiques comme le manganèse et le bois.
Des premiers résultats encourageants
Les premières phases du programme ont déjà permis des avancées significatives. Au total, 457 kilomètres de voie ont été consolidés grâce à l’installation de traverses en béton, tandis que 186 kilomètres sont désormais équipés de rails de nouvelle génération de 60 kg.
Selon l’Agence française de développement (AFD), ces investissements devraient permettre au Transgabonais de retrouver sa capacité nominale d’exploitation, avec un objectif de huit trains par jour dans chaque sens. Une montée en puissance qui devrait également améliorer les conditions de sécurité, aussi bien pour les voyageurs que pour le transport de fret.
L’ambition de doubler les volumes de marchandises
Cette modernisation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation logistique du Gabon. D’après le groupe Eramet, l’État vise une hausse spectaculaire des volumes de marchandises transportées par rail : de près de 9 millions de tonnes actuellement à 21 millions de tonnes par an d’ici 2029.
Un objectif ambitieux qui traduit la volonté des autorités de faire du Transgabonais un levier de compétitivité, capable d’accompagner la diversification économique du pays tout en sécurisant les chaînes d’approvisionnement indispensables à son développement.
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