L’heure de vérité s’approche doucement pour les personnalités qui postulent au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La Congolaise Juliana Lumumba, fille de Patrice Lumumba, la sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, la Mauritanienne Coumba Bâ, le Roumain Dacian Ciolos se livreront mardi 30 juin, à un exercice nouveau dans la campagne : une audition devant les ministres des Affaires étrangères des 53 Etats et gouvernements membres de l’OIF.

Les gouvernements de ces Etats feront ensuite leur choix en novembre 2026 au Cambodge lors du sommet de l’OIF.
Jusqu’à présent, deux candidates, Mushikiwabo et Lumumba, ont capté l’attention des médias, mais cela ne veut pas dire que le scrutin est déjà joué. La première est bien connue dans la francophonie. A 64 ans, cette ancienne ministre des Affaires étrangères de Paul Kagame (2009-2018), dirige l’OIF depuis 2018. Le patronyme de Juliana Lumumba, 70 ans, est également familier : elle est la fille de Patrice Lumumba, figure des luttes anticoloniales et du panafricanisme, assassiné en 1961.
Derrière ces candidatures, beaucoup voient une nouvelle confrontation entre Kigali et Kinshasa. La RDC et les Nations-unies accusent en effet le pouvoir de Kigali de soutenir le groupe rebelle du M23 dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.
« Ce n’est pas un bras de fer diplomatique. Ce n’est pas le lieu, c’est contre les valeurs de la francophonie », balaie la Congolaise Juliana Lumumba : « Ma candidature n’est pas contre un pays, ni contre une personne », assure-t-elle. Elle préfère souligner que la RDC est – hors France – le pays comptant le plus de locuteurs de langue française (57,3 millions) et décline son programme pour « une francophonie des peuples et polycentrée », qu’elle veut « sortir d’une routine bureaucratique. »
Deux outsiders viennent de Bucarest et de Nouakchott
Ce que souhaitent les chefs d’Etat (de l’OIF), c’est un consensus et un rassemblement », souligne Coumba Bâ, troisième candidate originaire d’Afrique.
Cette Mauritanienne de 56 ans entend incarner la « neutralité constructive » de son pays, « carrefour » entre Afrique subsaharienne et pays arabes. Elle revendique sa discrétion « sahélienne, culturelle. » Cette ancienne conseillère de cinq présidents mauritaniens et plusieurs fois ministre (Fonction publique, Jeunesse et sports…) dispose d’un solide réseau sur le continent.
« Un candidat venant de l’extérieur, mais qui a conscience de l’importance de l’Afrique, peut être une solution à un débat (ndlr : RDC-Rwanda) qui risque d’importer des disputes au sein de la francophonie », souligne de son côté Dacian Ciolos. Cet ancien Premier ministre de Roumanie (2015-2017) passé par l’UE (Commissaire européen à l’Agriculture), âgé de 56 ans, fait valoir son expérience de la recherche du compromis. Il prône une approche du français comme « langue d’opportunité » et de « coopération » économiques.
Avec AFP


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