Le gouvernement du Soudan du Sud a dépêché des troupes au Soudan voisin pour assurer la sécurité du champ pétrolier stratégique de Heglig situé près de la frontière entre les deux pays, a révélé ce jeudi 11 décembre le chef d’état-major, le général Paul Nang, quelques jours après que les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires en ont pris le contrôle.
Le champ pétrolier de Heglig est crucial pour Juba car il abrite la principale usine de traitement du pétrole sud-soudanais, qui rapporte l’essentiel des recettes publiques du pays. Le trafic pétrolier à Heglig se poursuit, mais en volumes considérablement réduits.
Les forces gouvernementales soudanaises et les travailleurs qui opéraient sur le champ pétrolier de Heglig se sont retirés de la zone dimanche dernier afin d’éviter des combats qui auraient pu endommager les installations, ont indiqué des sources gouvernementales à Juba.
Le général Paul Nang, numéro 1 des forces de défense du Soudan du Sud, a déclaré que le déploiement des militaires sur le site avait été convenu entre le chef de l’Etat, Salva Kiir, le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, et le chef des paramilitaires du Soudan, Mohamed Hamdan Dagalo. «Les trois dirigeants ont convenu que la région de Heglig devait être protégée car c’est une zone stratégique très importante pour les deux pays,» a confirmé Nang dans une intervention à la radio publique du Soudan du Sud.
Le pétrole est transporté par un réseau d’oléoducs du Grand Nil jusqu’à Port-Soudan, sur la mer Rouge, pour être exporté ; ce qui rend le site de Heglig crucial à la fois pour les recettes en devises étrangères du Soudan et pour le Soudan du Sud, qui est enclavé et dépend presque entièrement des oléoducs traversant son voisin du Nord. Un autre oléoduc, Petrodar, relie l’Etat du Haut-Nil, au Soudan du Sud, à Port-Soudan.
La guerre qui a débuté en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les «Forces de réaction rapide» a perturbé à plusieurs reprises les flux pétroliers du Soudan du Sud, qui, avant le conflit, s’élevaient en moyenne de 100.000 à 150.000 barils par jour destinés à l’exportation via le Soudan.





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