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Tchad : Comment Idriss Déby a forcé la main à Goodluck Jonathan

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Le président tchadien Idriss Déby Itno a fait plier son allié nigérian Goodluck Jonathan qui, affaibli par les revers de son armée, a dû renoncer à la conduite des opérations régionales contre les islamistes de Boko Haram. Cette offensive diplomatico-militaire tchadienne s’est achevée mercredi 21 janvier : l’Union africaine (UA) a entériné le transfert de l’état-major de la force régionale de lutte contre Boko Haram du Nigeria… à N’Djamena, décidé la veille lors d’une réunion de crise à Niamey.

Idriss Déby Itno, président du Tchad et son homologue nigérian Goodluck Jonathan

Idriss Déby Itno, président du Tchad et son homologue nigérian Goodluck Jonathan

Après des mois de dissensions entre les pays directement menacés par la nébuleuse terroriste (Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger) sur la conduite à tenir face aux islamistes, notamment après la chute de la ville nigériane de Baga, sur les rives du lac Tchad, le président Déby a invoqué les « intérêts vitaux » de son pays pour lancer son OPA sur la force régionale. Le 16 janvier au matin, les députés tchadiens ont à peine le temps de voter une motion autorisant l’envoi de troupes au Cameroun et au Nigeria que déjà, des colonnes blindées s’ébranlent de N’Djamena en direction du Cameroun. Les Nigérians, arc-boutés depuis des mois sur leur volonté de conduire les opérations militaires régionales, sont pris par surprise. « Tout soutien à nos opérations sera le bienvenu mais il doit se conformer à nos propres opérations en cours étant donné qu’il s’agit du territoire nigérian », déclare le 17 janvier Chris Olukolade, porte-parole de l’armée nigériane. N’Djamena passe outre et laisse filtrer des rumeurs invérifiables sur le positionnement de ses troupes, excepté à Maltam (Cameroun), quasiment en face de N’Djamena, pour sécuriser l’aéroport de la capitale tchadienne d’où décollent notamment les chasseurs Rafale français de l’opération « Barkhane ». Un contingent important de l’armée tchadienne se trouve en ce moment au Cameroun. Sur cette ligne, le président Déby Itno peut tabler sur le soutien de son voisin nigérien, Mahammadou Issoufou. Les deux hommes partagent une vision commune : un œil sur le Lac Tchad, l’autre vers la Libye, où les groupes jihadistes sont à leurs frontières.

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