Un virulent critique du président tunisien Kais Saied, Jawhar Ben Mbarek, a été arrêté dans le cadre d’un coup de filet contre l’opposition qui accuse le pouvoir de chercher à la museler alors que le pays est englué dans une grave crise sans issue en vue. Dans une allusion aux méthodes du chef du Kremlin contre tous ceux qui ne pensent pas comme lui, l’opposition tunisienne accuse Saïed de transformer la Tunisie en « Russie de l’Afrique ».
Jawar Ben Mbarek, 55 ans, est l’opposant le plus en vue à être interpellé dans le cadre d’une campagne d’arrestations lancée début février en Tunisie dans les milieux politiques et des affaires, sans précédent depuis que le président Saied a accaparé les pouvoirs en juillet 2021. «Il a été arrêté tard dans la nuit (ndlr: de jeudi à vendredi) et nous n’avons pas encore eu accès au dossier d’arrestation,» a indiqué à l’AFP vendredi matin sa sœur, l’avocate Dalila Msaddek.
Leader du mouvement «Citoyens contre le coup d’Etat», Ben Mbarek, est également l’un des principaux dirigeants du Front de salut national (FSN), la principale coalition de l’opposition qui a vu le jour après que Kaiss Saied s’est arrogé les pleins pouvoirs en Tunisie, faisant vaciller la jeune démocratie issue de la première révolte du Printemps arabe en 2011. Figure de la gauche tunisienne, Jawhar Ben Mbarek est un spécialiste en droit constitutionnel et ancien conseiller à la présidence du gouvernement.
Une vingtaine de personnalités ont été arrêtées en Tunisie depuis début février, une campagne décrite par Amnesty International comme une «chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques».
L’activiste politique Khayam Turki, l’homme d’affaires Kamel Eltaïef, très introduit dans les milieux politiques, l’ex-ministre Lazhar Akremi, l’ex-responsable au mouvement Ennahdha Abdelhamid Jelassi et le directeur de la radio privée Mosaïque FM Noureddine Boutar ont également été arrêtés.
«Le message de ces arrestations est que si vous osez vous exprimer, le président peut vous faire arrêter et vous dénoncer publiquement pendant que ses affidés tentent de constituer un dossier contre vous sur la base des remarques que vous avez faites ou des personnes que vous avez rencontrées», a estimé vendredi dans un communiqué la directrice du bureau de Tunis de Human Rights Watch (HRW), Salsabil Chellali.


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