Le gouvernement zimbabwéen envisage de barrer l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs. Facebook, TikTok ou encore Instagram pourraient bientôt être interdits aux moins de 18 ans dans le cadre d’une politique nationale de protection des enfants en ligne. Une initiative qui relance le débat mondial sur la régulation du numérique et la place des jeunes dans l’espace digital
Le Zimbabwe pourrait prochainement durcir l’accès des mineurs aux plateformes numériques. Le dimanche 8 mars, lors d’une intervention dans la ville de Karoi, la ministre des Technologies de l’information et de la communication, Tatenda Mavetera, a annoncé que les autorités travaillaient sur un projet visant à interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 18 ans.
Les plateformes comme Facebook, TikTok ou Instagram seraient directement concernées par cette mesure.
Selon la ministre, cette initiative s’inscrit dans l’élaboration d’une Politique de protection des enfants en ligne, destinée à renforcer la sécurité des jeunes utilisateurs sur Internet.
«Nous voulons protéger la jeune génération en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants qui n’ont pas atteint l’âge de la majorité, soit 18 ans,» a-t-elle déclaré.
Lutter contre les dangers du numérique
Pour les autorités zimbabwéennes, cette mesure répond à plusieurs préoccupations croissantes liées à l’utilisation des plateformes par les mineurs.
Parmi les risques pointés figurent :
. l’exposition à des contenus violents ou inappropriés ;
. le cyberharcèlement ;
. l’exploitation en ligne ;
. l’addiction aux réseaux sociaux.
Dans ce contexte, le gouvernement étudie la possibilité d’imposer des mécanismes de vérification de l’âge sur les plateformes. Les entreprises technologiques pourraient ainsi être contraintes de renforcer leurs systèmes de contrôle afin d’empêcher l’accès aux utilisateurs mineurs.
Une tendance mondiale à la régulation
Le projet zimbabwéen s’inscrit dans un mouvement plus large observé dans plusieurs pays, où les autorités cherchent à mieux encadrer l’usage des réseaux sociaux par les jeunes.
Les inquiétudes portent notamment sur l’impact des contenus en ligne sur la santé mentale des adolescents, mais aussi sur leur exposition à des images violentes ou explicites.
Récemment, le Gabon a lui aussi pris une décision radicale en suspendant l’accès aux réseaux sociaux «jusqu’à nouvel ordre.» La Haute Autorité de la Communication justifie cette mesure par la multiplication de cas de cyberharcèlement coordonné, de divulgation non autorisée de données personnelles et de contenus jugés menaçants pour l’ordre public.
Une mesure qui divise
Malgré les arguments avancés par les autorités, l’idée d’une interdiction totale suscite déjà des débats.
Certains spécialistes rappellent que les réseaux sociaux peuvent également jouer un rôle positif pour les jeunes, en tant qu’outils d’apprentissage, d’information ou d’expression.
Ils soulignent également les difficultés pratiques d’une telle mesure, notamment en matière de vérification de l’âge des utilisateurs, souvent contournée sur les plateformes numériques.
Un projet encore à l’étude
Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été annoncé pour l’adoption de cette réglementation au Zimbabwe. Le projet devrait néanmoins alimenter les discussions autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique et la responsabilité des plateformes technologiques.
En parallèle, la ministre Tatenda Mavetera a indiqué que le gouvernement travaillait également sur des programmes éducatifs visant à mieux encadrer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants, afin de promouvoir un usage plus sûr et responsable du numérique.





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