Les transactions entre l’Afrique et l’Asie de l’Est de Flutterwave Inc., une fintech axée sur l’Afrique, ont atteint 1 milliard de dollars US au premier semestre 2025, contre des volumes négligeables il y a un an. Cette performance résulte du partenariat conclu entre Flutterwave et des sociétés de paiement asiatiques pour faciliter les échanges transfrontaliers
Flutterwave, fondée par Olugbenga Agboola, originaire du Nigéria, traite les paiements des entreprises et des particuliers en Afrique et au-delà.
Basée aux États-Unis, Flutterwave est valorisée à 3 milliards de dollars US. B Capital et Tiger Global sont des sociétés d’investissement qui ont investi dans Flutterwave. Ces investissements ont contribué à sa croissance fulgurante.
Flutterwave vient tout juste d’obtenir une licence d’exploitation au Nigéria. Cette licence, délivrée par la Banque centrale du Nigéria, lui permettra de traiter les transferts de fonds entre les banques et les fintechs, de gérer les transactions par carte et de proposer d’autres services de paiement électronique sans intermédiaire. L’une de ses premières transactions majeures remonte à 2016, lorsqu’elle est devenue le processeur de paiements d’Uber en Afrique. Cette licence intervient alors que l’entreprise prévoit une introduction en bourse (IPO) au Nasdaq.
Flutterwave : éliminer les paiements difficiles et coûteux vers l’Asie
Au cours des six premiers mois de cette année, Flutterwave a signé des partenariats avec de grandes entreprises d’Asie de l’Est afin de faciliter le paiement des fournisseurs de la région par les entreprises africaines. Flutterwave gère l’intégralité du processus, de l’encaissement au règlement, contribuant ainsi à éliminer la dépendance aux virements internationaux, coûteux et lents. Les paiements aux fournisseurs chinois ont toujours été difficiles et coûteux pour les petits commerçants africains. Les banques ont tendance à privilégier les grands commerçants, et la conversion des devises africaines en dollars américains, puis en yuans chinois, entraîne divers coûts et charges administratives.
Parmi ses nouveaux partenaires figure Skyee, une plateforme de paiement hongkongaise destinée aux entreprises de e-commerce, qui collabore avec Flutterwave pour simplifier et accélérer les flux financiers entre l’Afrique et l’Asie. Flutterwave s’est également associé à NoraFirst, une société de paiement basée à Pékin, qui cherche à exploiter l’infrastructure de Flutterwave pour se développer sur les marchés africains.
L’Asie, premier marché d’exportation de l’Afrique
L’expansion de Flutterwave intervient alors que l’Asie consolide son rôle de premier partenaire commercial de l’Afrique. En 2017, l’Asie a dépassé l’Union européenne comme première source d’importations du continent, et sa part a depuis atteint 28,5 %. Les machines, l’électronique, les véhicules, les combustibles minéraux et les céréales dominent ces flux.
L’Asie est également devenue le premier marché d’exportation de l’Afrique, représentant 25,6 % des expéditions en 2024. La Chine et l’Inde dominent les échanges commerciaux, absorbant ensemble 84,4 % des exportations africaines vers l’Asie. La Chine est le premier partenaire commercial du continent depuis 15 ans, avec des échanges bilatéraux atteignant 296 milliards de dollars en 2024. Les liens commerciaux sont appelés à se renforcer davantage après l’annonce par Pékin de son intention de supprimer les droits de douane sur les importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.










![Tribune | Guinée : et si Conakry devenait le prochain hub stratégique des data centers en Afrique de l’Ouest ? [Par Pierre-Samuel Guedj] Dans ce contexte, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest se positionnent pour accueillir ces infrastructures critiques. Si des pôles se sont déjà affirmés, notamment à Dakar ou à Abidjan, un acteur encore relativement discret pourrait émerger dans la prochaine décennie : la Guinée.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Conakry-2-450x242.jpg.webp)
