Le ministère des Finances a annoncé mercredi 20 mai, que le Trésor a émis avec succès, un emprunt obligataire sur le marché international de 850 millions de dollars, à échéance 2036. La transaction, assortie d’un coupon de 9,5%, a attiré une demande de plus de 1,6 milliard de dollars, soit le double du montant proposé.
C’est la quatrième sortie de Brazzaville sur les marchés financiers internationaux en six mois, après une levée de fonds sur la place de Londres en novembre 2025 après deux décennies d’absence. La prime de risque pays a baissé de plus de 400 points de base sur la période. «Cette opération est la démonstration que la République du Congo est aujourd’hui un émetteur souverain crédible et reconnu sur les marchés internationaux», soutient Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public.
Le produit de l’émission ne crée pas d’endettement nouveau, insiste le ministère des Finances dans son communiqué. Les ressources levées serviront à racheter une partie de l’obligation qui sera échue en 2032 et à rembourser les dettes obligataires contractées sur le marché des titres publics au sein de la CEMAC, et qui arrivent à échéance en juin et juillet 2026. Finalement, ces opérations permettront d’allonger la maturité moyenne du portefeuille de dette et de réduire les besoins de refinancement de plus de 230 millions de dollars sur les cinq prochaines années, selon le ministère des Finances.
Le pays relève de la catégorie spéculative
Pour le risque souverain, le Congo-Brazzaville est classé dans la catégorie spéculative. Fitch a maintenu sa note à CCC+ le 20 février 2026, tout comme Standard & Poor’s au tout début de l’année. Les deux agences soulignent la vulnérabilité d’une économie où les hydrocarbures représentent encore plus de 80 % des recettes d’exportation, selon les données du Fonds monétaire international (FMI).
La dette publique a atteint 97,2 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2025, frôlant le seuil de 100 %, et reste largement au-dessus du plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de la CEMAC. En octobre 2024, le gouvernement avait dû restructurer 53 % de ses obligations domestiques, une opération classée par Fitch comme un échange de dette en difficulté.
L’émission obligataire du Congo intervient à cinq jours de l’ouverture, à Brazzaville, des soixante-unièmes assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), prévues du 25 au 29 mai sur le thème de la mobilisation des ressources pour le financement du développement africain.









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