Considérée comme une planque fiscale pour milliardaires et sportifs de haut niveau, la principauté a été secouée la semaine dernière lorsque des sources proches de la Commission européenne et de Bercy (ministère des Finances français) ont confirmé que Monaco figurera bien dans la liste des pays ou territoires présentant de grosses défaillances dans leur dispositif de lutte contre l’argent d’origine douteuse (trafics de drogue, corruption, etc.) et le financement du terrorisme
Plusieurs millionnaires africains, voire des hommes politiques, planquent une partie de leur fortune à Monaco où ils sont assurés d’être «tranquilles.» L’information a été révélée par nos confrères du quotidien économique français Les Echos. La principauté était déjà soumise à une surveillance accrue depuis son entrée en liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), en juin 2024.
L’inclusion de Monaco sur cette liste «infamante» de l’Union européenne, attendue mi-juin, devrait entraîner des graves conséquences pour les acteurs économiques, notamment les institutions financières opérant depuis ou vers la principauté, s’alarme la presse locale. En effet, banques, sociétés de gestion d’actifs, compagnies d’assurance, etc., sont tenues d’appliquer des mesures de vigilance accrues à l’égard des clients domiciliés dans les pays inscrits sur cette liste, ce qui peut allonger encore les délais de transaction, ou restreindre certains flux. Au-delà du secteur financier, des activités telles que le marché de l’art, les ventes aux enchères, ainsi que l’associatif pourraient être visés par ces contrôles renforcés.
Un coup dur pour la réputation de la Principauté
L’inscription formelle sur la liste noire de Bruxelles doit encore être validée par le Parlement européen, mais elle placerait Monaco aux côtés de pays comme l’Afghanistan, la Corée du Nord ou encore le Panama. Un coup dur pour la réputation et l’image de la principauté. En revanche, les Emirats arabes unis, considérés également comme une «machine à laver», devraient être retirés de cette liste.
La décision de Bruxelles intervient un an après le maintien de Monaco sur la «liste grise» du Gafi, qui rassemble les pays faisant l’objet d’un suivi renforcé. La principauté y avait été inscrite en juin 2024, et elle espère pouvoir en sortir d’ici mi-2026. Seuls trois pays européens figurent actuellement sur cette liste : la Croatie, la Bulgarie et Monaco.
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