«Le continent risque de plonger dans la stagflation, une combinaison de croissance lente et d’inflation élevée. Le PIB réel devrait croître de 4,1 % en 2022, nettement inférieur aux près de 7 % de croissance de 2021».
La Banque africaine de développement (BAD) relaye ses inquiétudes dans son rapport sur les perspectives économiques en Afrique, édition 2022. Selon les experts de l’honorable institution, le conflit russo-ukrainien qui a exacerbé les effets déjà dévastateurs de la pandémie du Covid-19, pourrait assombrir les perspectives économiques du continent alors que l’on observait un rebond de l’activité en 2021. Globalement les fondamentaux macroéconomique dans un certain nombre de pays se sont améliorés.
Cependant, deux grands défis sont à relever : baisser le niveau d’endettement public même si le ratio de la dette devrait se stabiliser cette année, il reste encore élevé, au-dessus de 70%. De plus en plus de pays se retrouvent en situation de surendettement, relèvent les économistes de la Banque africaine de développement. La deuxième menace tient à l’inflation.
Le taux moyen d’inflation devrait s’établir à 13,5 % en 2022 contre 13 % en 2021, sous la pression d’une flambée des prix des matières premières, en particulier l’énergie et les denrées alimentaires, entraînée par l’intensification par la guerre en Ukraine.
«La reprise pour l’Afrique sera extrêmement coûteuse. Le continent aura besoin d’au moins 432 milliards de dollars supplémentaires pour pallier les effets de la pandémie seulement, des ressources dont elle ne dispose pas”, constate Akinwumi Adesina, président de la BAD en introduisant le Rapport sur les perspectives économiques du continent.
Alors que la pandémie a déjà précipité, en 2021, plus de 30 millions de personnes dans l’extrême pauvreté et 22 millions au chômage, les effets prolongés des perturbations économiques résultant du conflit entre la Russie et l’Ukraine pourraient pousser 1,8 million d’Africains supplémentaires dans l’extrême pauvreté en 2022. Ce chiffre pourrait atteindre 2,1 millions en 2023.
Un tableau sombre d’autant plus que les couches les plus touchées sont les femmes et les hommes évoluant dans l’informel.
Si le conflit russo-ukrainien persiste, la croissance en Afrique devrait stagner aux alentours de 4% en 2023, projette la BAD qui milite au cours de ces assemblées annuelles sur plusieurs terrains, la réallocation de 100 milliards de Droits de tirage spéciaux (DTS) promis à l’Afrique, et pour une transition énergétique plus juste pour le continent.
La persistance de la pandémie du Covid-19 et les pressions inflationnistes causées par la guerre Russie-Ukraine vont ralentir la croissance à 4,1 % en 2022 et rester «gelée» à ce niveau en 2023.











