Face à l’ampleur croissante des besoins de financement, le Maroc s’impose comme un laboratoire stratégique de la coopération internationale. Ce mercredi 11 février, le Groupe de la Banque mondiale, le ministère marocain de l’Économie et des Finances et le Groupe Agence française de développement (AFD) coorganisent le forum «La force du cofinancement,» un rendez-vous dédié à la mutualisation des ressources et à l’optimisation des partenariats au service du développement.
Dans un contexte où les défis économiques, sociaux et climatiques s’intensifient, aucune institution ne peut agir seule.
Mutualiser pour accélérer l’impact
Le cofinancement apparaît ainsi comme une réponse pragmatique et structurante. En unissant leurs capacités financières, techniques et opérationnelles, les partenaires de développement peuvent soutenir des projets plus ambitieux, plus complexes et à fort effet de levier.
Cette approche permet non seulement de mobiliser davantage de ressources, mais aussi d’accélérer la mise en œuvre des réformes et des investissements, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté et à la promotion d’une prospérité partagée. Des initiatives internationales telles que Mission 300 ou AgriConnect démontrent déjà comment des plateformes communes peuvent déclencher des financements d’envergure et favoriser des transformations durables.
Le Maroc, un laboratoire
Au cœur de cette dynamique, le Maroc affiche un bilan solide. Depuis l’exercice 2016, cinq projets soutenus par le Groupe de la Banque mondiale ont bénéficié de mécanismes de cofinancement, mobilisant plus de 2 milliards de dollars. Ces partenariats ont contribué à des avancées significatives dans des secteurs clés comme le développement urbain, l’agriculture et les transports, avant de s’étendre à la santé, à l’énergie et au numérique.
Pour Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, l’expérience marocaine illustre la portée stratégique de cette approche : le cofinancement ne se limite pas à la mise en commun de ressources, il constitue un levier pour générer des résultats plus rapides et plus transformateurs.
Même lecture du côté de la Banque mondiale. Sa directrice générale et directrice financière, Anshula Kant, souligne que l’alignement des partenaires sur les priorités nationales permet de mobiliser davantage de capitaux, y compris privés, de réduire la fragmentation de l’aide et de soutenir des investissements créateurs d’emplois et d’opportunités. Le Maroc, affirme-t-elle, en est une démonstration concrète.
Vers une action collective structurée
Pour Rémy Rioux, Directeur général du Groupe AFD, le cofinancement devient indispensable à l’heure où les besoins augmentent plus vite que les ressources disponibles. Rationaliser les procédures, exploiter les complémentarités et partager les risques constituent autant de leviers pour renforcer l’efficacité de l’aide et soutenir des projets plus robustes.
Les débats du forum porteront notamment sur l’optimisation des ressources disponibles, l’accélération des résultats et le rôle accru du secteur privé dans la mobilisation des financements. Au-delà des chiffres, l’enjeu est clair : transformer la coopération en action collective concrète.
À travers cette initiative tripartite, le Maroc confirme sa place centrale dans l’architecture du financement du développement. En conjuguant l’expertise de la Banque mondiale et de l’AFD à ses priorités nationales, le Royaume entend faire du cofinancement non seulement un outil financier, mais un véritable accélérateur de transformation économique et sociale.





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