Mohammed VI et l'Afrique : 27 ans d'une ambition continentale
Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a fait de la finance un levier stratégique de son engagement africain. L’expansion des groupes bancaires et des compagnies d’assurance, l’émergence de Casablanca Finance City (CFC) et le développement du capital-investissement ont progressivement positionné le Maroc comme une plateforme incontournable entre les investisseurs internationaux et les économies africaines. Cette dynamique s’inscrit dans la vision portée par le Roi Mohammed VI : faire de la coopération économique un moteur d’intégration et de développement partagé.
Lorsque Casablanca Finance City voit le jour en 2010, l’ambition dépasse largement la création d’une nouvelle place financière. Il s’agit de doter l’Afrique d’une plateforme capable de canaliser les investissements vers le continent, de faciliter le financement des entreprises et d’accompagner les grands projets structurants. Dans un contexte où les besoins en capitaux pour les infrastructures, l’industrialisation et la transition énergétique se chiffrent en centaines de milliards de dollars, le Royaume entend offrir un environnement financier stable, connecté aux marchés internationaux et résolument tourné vers l’Afrique.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la vision royale en faveur d’une coopération économique fondée sur des intérêts partagés. À plusieurs reprises, Mohammed VI a rappelé que le développement de l’Afrique exigeait une mobilisation accrue des ressources africaines et un renforcement des investissements intracontinentaux. Dans son discours devant le Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en 2017, le Souverain soulignait que l’Afrique devait « prendre son destin en main » en s’appuyant sur ses propres capacités et sur des partenariats équilibrés.
Grâce à son cadre réglementaire, à la présence d’institutions financières internationales et à son ouverture sur les marchés africains, Casablanca Finance City est progressivement devenue un point d’ancrage pour les banques, les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance, les cabinets de conseil et les multinationales souhaitant développer leurs activités sur le continent. Elle constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments de la diplomatie économique marocaine.
Les banques marocaines à la conquête de l’Afrique
L’essor de Casablanca comme plateforme financière s’est accompagné d’une expansion sans précédent des groupes bancaires marocains. Attijariwafa bank, Bank of Africa et le Groupe Banque Centrale Populaire ont progressivement constitué l’un des réseaux bancaires africains les plus étendus, couvrant plusieurs dizaines de pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Est et de l’océan Indien.
Cette présence dépasse la simple activité bancaire. Les établissements marocains financent les entreprises, accompagnent les investissements, facilitent les échanges commerciaux et soutiennent les politiques publiques de développement. Ils jouent un rôle déterminant dans l’inclusion financière, le financement des PME et l’accompagnement des grands projets d’infrastructures, contribuant ainsi à renforcer les liens économiques entre le Royaume et ses partenaires africains.
Assurances et capital-investissement : les nouveaux moteurs de la croissance
La stratégie financière du Royaume ne repose pas uniquement sur ses établissements bancaires. Les compagnies d’assurance marocaines ont elles aussi accéléré leur développement en Afrique, accompagnant les entreprises, les investisseurs et les particuliers dans des marchés en pleine transformation. Cette présence contribue à sécuriser les investissements, à renforcer la résilience des économies et à diffuser des standards de gestion des risques indispensables à l’essor d’un secteur privé plus compétitif.
Parallèlement, le capital-investissement connaît une montée en puissance. Des fonds marocains et panafricains mobilisent des capitaux en faveur des PME, des infrastructures, des startups et des secteurs stratégiques tels que l’agro-industrie, la santé, les énergies renouvelables ou les services numériques. Cette évolution traduit un changement de paradigme : le financement du développement africain repose de plus en plus sur des investisseurs du continent, capables d’accompagner les entreprises dans la durée et de soutenir l’émergence de champions régionaux.
Cette dynamique est renforcée par Casablanca Finance City, devenue un point de convergence entre les institutions financières internationales, les investisseurs privés et les opérateurs africains. La plateforme facilite la structuration des financements, favorise les partenariats public-privé et contribue à orienter les capitaux vers les projets à fort impact économique et social. Elle participe ainsi à l’émergence d’un écosystème financier capable d’accompagner les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
À travers cette architecture financière, le Maroc donne une traduction concrète à la vision de Mohammed VI d’une coopération fondée sur le co-développement. Les banques, les compagnies d’assurance, les fonds d’investissement et Casablanca Finance City constituent désormais les instruments d’une diplomatie économique qui privilégie les projets créateurs de valeur, le partage des compétences et la mobilisation des ressources africaines.





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