Le rideau est tombé ce 29 mai sur les Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD). Dans un contexte mondial sous tension, l’institution panafricaine et le gouvernement congolais affichent leur satisfaction après avoir entériné une feuille de route historique qui a pour objectif d’accélérer la transformation locale des ressources et moderniser l’architecture financière du continent.
Face aux médias, le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah et le ministre congolais de l’Économie, Ludovic Ngatsé, ont dressé un bilan particulièrement positif de ces cinq jours de tractations de haut niveau. Cette édition 2026 marque un tournant important avec l’adoption formelle des nouvelles orientations stratégiques destinées à remodeler le paysage économique africain.
Un succès organisationnel dans un climat global incertain
L’organisation de ce rendez-vous continental représentait un défi de taille pour la République du Congo. Sidi Ould Tah a chaleureusement salué le leadership du Président Denis Sassou N’Guesso, dont le pays a su orchestrer l’événement de main de maître, en dépit d’une conjoncture internationale lourde, encore marquée par des secousses économiques et sanitaires. Pour les dirigeants de la Banque, Brazzaville a prouvé sa capacité à fédérer les forces vives du continent autour des urgences de développement.
Rompre avec le piège de l’exportation brute : le cas d’école de la bauxite
Le cœur des débats a mis en lumière une anomalie économique que la BAD souhaite urgemment corriger : le déficit de valeur ajoutée locale. Pour illustrer ce fléau qui appauvrit le continent, Sidi Ould Tah a brandi des chiffres édifiants sur l’industrie minière : «l’Afrique exporte sa bauxite brute à près de 63 dollars la tonne, pour ensuite importer l’aluminium transformé à un coût prohibitif avoisinant les 3 500 dollars la tonne.» Pour la BAD, ce manque à gagner industriel impose une transition immédiate vers la manufacture locale. Afin de concrétiser cette ambition, l’institution prévoit de doper l’attractivité des investissements structurants en déployant de nouveaux mécanismes d’atténuation des risques, indispensables pour capter massivement les capitaux privés internationaux et locaux.
Modernisation financière et inclusion par le digital
L’autre grand chantier validé à Brazzaville concerne le capital humain et l’économie souterraine. La BAD entend renforcer son accompagnement auprès des États pour :
- structurer le secteur informel en s’appuyant sur les leviers de la digitalisation financière et économique ;
- financer l’avenir via un soutien accru aux MPME (Micro, Petites et Moyennes Entreprises), en ciblant prioritairement l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes ;
- adapter les compétences à travers des programmes renforcés de formation technique et d’apprentissage des métiers.
Une nouvelle feuille de route pour le continent
Sur le plan institutionnel, le Conseil des gouverneurs repart de Brazzaville avec des livrables majeurs. Les décideurs ont formellement validé la feuille de route opérationnelle de la BAD, articulée autour de ses «quatre points cardinaux» et d’une refonte globale de l’architecture financière africaine.
Le ministre congolais de l’Économie, Ludovic Ngatsé, s’est félicité de ce consensus important confirmant que les gouverneurs ont donné leur feu vert au plan d’action final. Ces assises de 2026 se referment ainsi sur une ambition réaffirmée qui est de faire de la BAD le moteur d’une Afrique plus industrielle, financièrement intégrée et maîtresse de ses propres richesses.





République du Congo





