La station de radio Omega, propriété de l’ancien ministre des Affaires étrangères sous Kaboré, avait été suspendue depuis un mois suite à la diffusion d’un entretien avec un opposant au nouveau régime militaire nigérien, a été rétablie lundi 11 septembre par le gouvernement, lui aussi issu d’un coup d’État.
Ouagadougou a annoncé la levée de la suspension de Radio Oméga, l’une des plus écoutées du pays, dont la diffusion avait été interrompue il y a un mois, après l’interview d’un opposant au régime militaire au Niger.
Dans un communiqué, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo dit avoir «examiné avec beaucoup d’attention la requête formulée par l’Observatoire burkinabè des médias à la demande de Radio Oméga et entendu l’argumentaire selon lequel l’équipe de la radio a tiré les leçons de cette sanction dont elle a fait l’objet.»
Selon le ministre, le gouvernement burkinabè demeure attaché à la liberté d’opinion et de presse ainsi qu’à l’exercice responsable du métier de journaliste. Il doit sans doute être le seul à en être convaincu tant les journalistes burkinabè sont condamnés à l’auto-censure pour éviter les foudres du pouvoir.
Le ministre a par ailleurs interpellé les organisations professionnelles des médias sur «l’exigence d’un discours médiatique qui ne compromette pas les chances de notre victoire collective contre les forces du mal et de domination des peuples du Sahel.» En gros, «soyez nos porte-paroles, sinon vous aurez de nos nouvelles.»
Le groupe Oméga médias, propriétaire de la radio appartenant au journaliste et ancien ministre des Affaires étrangères Alpha Barry, avait saisi le Conseil d’État pour contester la suspension survenue le 10 août dernier «au nom de l’intérêt supérieur de la nation.»
Cette suspension faisait suite à la diffusion d’un entretien avec le porte-parole d’un mouvement récemment créé au Niger, qui souhaite rétablir le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État le 26 juillet.
Les autorités de transition du Burkina Faso, arrivées au pouvoir par un coup d’État il y a un an, ont très rapidement affiché leur solidarité avec les militaires qui ont pris le pouvoir au Niger.





Burkina Faso


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