Au moment où partout dans le monde, les opérateurs économiques comptent les pertes dues aux sanctions économiques qui pleuvent sur la Russie, il est intéressant de brosser un tableau sur les échanges commerciaux entre ce pays et l’Afrique.
Selon les statistiques de l’OMC, la Russie a exporté en 2020 (dernières données disponibles) pour 12,4 milliards de dollars vers le continent. Dans l’autre sens, les exportations africaines vers la Russie se sont établies à 1,6 milliard de dollars de biens, soit un déficit commercial de 10,8 milliards de dollars pour le continent.

En plus des armes (dont les chiffres n’apparaissent dans aucune donnée officielle), les Etats africains achètent principalement les céréales à la Russie. Les achats des céréales représentent 30% des importations africaines de la Russie, ce qui, dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine, suscite de vives inquiétudes des gouvernements car ils vont devoir faire face au risque lié à la perte de pouvoir d’achat de populations provoquée par la flambée des cours du blé. Plus de la moitié des approvisionnements africains en blé russe sont importés par un cercle très restreint de pays : l’Egypte, le Soudan, le Nigeria, la Tanzanie, l’Algérie, le Kenya et l’Afrique du Sud.
Deuxième groupe le plus important dans les échanges russo-africains, les produits énergétiques. Le charbon, les produits pétroliers et le gaz représentent 18,3% des importations africaines de ce pays. De son côté, l’Afrique vend essentiellement des fruits et légumes comestibles, des produits aquatiques ainsi que des produits chimiques organiques et des métaux précieux.
Le Kremlin avait annoncé sa stratégie de reconquête du marché africain en 2019 lors du sommet Afrique-Russie qui avait réuni plus de 40 chefs d’Etat africains. Sur les volumes d’échanges globaux avec le continent africain, Moscou détient actuellement 2,4% de parts de marché en Afrique contre 19,6% pour la Chine, de loin, le premier fournisseur devant les Etats-Unis, la France et l’Inde.
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