Depuis le 1er janvier 2025, les banques opérant dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) peuvent étendre leurs activités aux 6 pays membres sans avoir besoin d’un nouvel agrément. Une banque agréée dans un des six Etats de la Communauté (Gabon, République du Congo, Tchad, Guinée équatoriale, Cameroun, Centrafrique) peut ouvrir des succursales et proposer ses services dans les autres pays de l’organisation sans passer par de nouvelles procédures réglementaires
La décision d’un «passeport Schengen» régional, s’inspire du modèle déjà en place dans l’UEMOA depuis 1999. L’objectif affiché est de faciliter l’expansion des banques et d’harmoniser un marché financier sous-régional de plus de 60 millions de consommateurs. Une simplification qui devrait, selon les autorités monétaires, encourager les établissements à élargir leur réseau et à proposer des services mieux adaptés aux besoins des entreprises et des particuliers.
Si 54 banques ont été recensées dans la sous-région fin 2023, le secteur est largement dominé par une poignée d’acteurs internationaux. En 2023, les actifs bancaires en CEMAC s’élevaient à 22.401 milliards FCFA, en hausse de 11,4% sur un an.
Le Cameroun capte à lui seul près de 47% des actifs bancaires, contre 21% pour le Gabon et 15% pour le Congo, tandis que la Centrafrique et la Guinée équatoriale disposent de systèmes bancaires beaucoup plus restreints.
L’un des principaux défis de la réforme sera donc d’éviter un renforcement excessif de la concentration du marché. Les banques locales, qui peinent déjà à respecter les exigences réglementaires, risquent en effet d’être éclipsées par les mastodontes du secteur, capables de capter l’essentiel des nouveaux clients et des opportunités de financement.






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