Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wangi Yi, a entamé mercredi 7 janvier la traditionnelle tournée du Nouvel An des chefs de la diplomatie chinoise en Afrique. Ce «marathon» diplomatique axé sur l’accès commercial stratégique a commencé par Addis-Abeba, l’Ethiopie étant l’un des plus importants récipiendaires des investissements chinois sur le continent. L’escale suivante sera la Somalie, un pays qui offre un accès à des voies maritimes mondiales essentielles, suivie de la Tanzanie, une plaque tournante logistique reliant l’Afrique centrale à l’océan Indien. Viendra ensuite le Lesotho dont l’économie est fragilisée par les droits de douane institués par Donald Trump au terme d’une tournée qui se poursuivra jusqu’au 12 janvier.

Le choix de capitales visitées n’est pas un hasard. Pékin entend mettre en avant les pays qu’elle considère comme des «partenaires modèles» du programme d’infrastructures adossées à la «Route de la soie» et développer ses marchés d’exportation.
Premier bailleur de fonds bilatéral au monde, la Chine est confrontée à une concurrence croissante de la part de l’Union européenne pour financer les infrastructures africaines, car les pays touchés par les difficultés d’endettement recherchent désormais des investissements plutôt que des prêts. «Le véritable test pour 2026 ne réside pas seulement dans l’arrivée des investissements chinois, mais dans leur africanisation,» décrypte Judith Mwai, analyste au cabinet conseil Development Reimagined, citée par l’agence Reuters. Pour les dirigeants africains, cette tournée est l’occasion d’exiger que les projets chinois, ciblent spécifiquement nos déficits sur le plan industriel, transformant les matières premières africaines en produits finis sur le sol africain, plutôt que de simplement faciliter leur exportation, poursuit l’analyste.
Première visite en Somalie depuis 1990
La visite du ministre chinois des Affaires étrangères en Somalie sera la première d’un chef de la diplomatie de Pékin depuis les années 1980. Elle devrait donner un coup de pouce diplomatique à Mogadiscio après qu’Israël soit devenu le premier pays à reconnaître officiellement la République sécessionniste du Somaliland, une région du nord qui s’est déclarée indépendante en 1991.
Pékin, qui a réitéré son soutien à la Somalie après l’annonce israélienne, souhaite renforcer son influence autour du golfe d’Aden, porte d’entrée de la mer Rouge et corridor vital pour le commerce chinois transitant par le canal de Suez vers l’Europe.
Pas loin de Mogadiscio, la Tanzanie occupe une place centrale dans la stratégie de Pékin visant à sécuriser l’accès aux vastes gisements de cuivre africains. Des entreprises chinoises rénovent la ligne ferroviaire Tazara qui traverse le pays jusqu’en Zambie.
Cette voie ferrée est considérée comme un contrepoids au corridor de Lobito, soutenu par les Etats-Unis et l’Union européenne, qui relie la Zambie aux ports de l’Atlantique via l’Angola et la République démocratique du Congo.
En se rendant au Lesotho, royaume d’Afrique australe, Wang Yi entend souligner la volonté de Pékin de se positionner comme un champion du libre-échange au contraire des Etats-Unis de Trump. Le Lesotho, l’un des pays les plus pauvres du monde avec un PIB d’un peu plus de 2 milliards de dollars, a été parmi les pays les plus durement touchés par les droits de douane de l’administration Trump.





Éthiopie
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