Pour le China Communications Media Group, basé à Taiwan, une étape cruciale de son développement en Afrique commence un peu plus près de chez lui, au Hunan, province centrale de la partie continentale de la Chine. Aspirant à étendre son réseau de vente de véhicules électriques en Afrique, le groupe créera tout d’abord une filiale au China-Africa Economic and Trade Headquarters Building à Changsha, capitale provinciale du Hunan, profitant de nombreuses politiques préférentielles et d’une concentration d’entreprises chinoises et africaines sur le site
« Nous souhaitions depuis longtemps explorer le marché africain, mais notre parcours s’est avéré sinueux », déclare Liu Yao-yuan, président du groupe. « Aujourd’hui, un grand nombre d’entreprises ayant les mêmes objectifs se réunissent ici. Je suis convaincu que nos échanges et notre coopération conduiront à une prospérité commune. »
Le Mali Business Center, l’un des premiers occupants du bâtiment
Inauguré le 13 juin, le China-Africa Economic and Trade Headquarters Building constitue le dernier emblème sino-africain dans le Hunan, l’une des provinces chinoises les plus actives en matière de relations économiques avec l’Afrique et un pionnier dans la coopération sino-africaine. S’étendant sur plus de 100.000 mètres carrés, le bâtiment est conçu pour accueillir les entreprises chinoises et africaines engagées dans le commerce et les investissements bilatéraux, et leur fournir des subventions et une variété de services allant de la consultation politique au soutien financier. Depuis son lancement, plus de 30 entreprises et associations dans les domaines tels que l’ingénierie, les technologies et la recherche, ainsi que les télécommunications se sont installées dans le bâtiment. Les échanges de celui-ci avec l’Afrique devraient atteindre 30 milliards de yuans (environ 4,2 milliards de dollars) pendant les trois prochaines années. Le Mali Business Center, l’un des premiers occupants du bâtiment, a été créé dans le but de servir les entreprises maliennes en Chine et d’aider les entreprises chinoises à investir dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. « Nous espérons devenir un foyer pour les nombreuses entreprises maliennes qui se développent en Chine et les aider à explorer le marché chinois », a indiqué Khalifa A. Sy Diop, directeur du centre. L’Association Afrique-Chine pour la coopération, le développement et l’investissement (Africa-China Association for Cooperation, Development and Investment, ACACDI), basée dans la province chinoise du Guangdong (sud), prévoit également d’immatriculer une société au bâtiment à Changsha, qui promet une exemption de loyer, des subventions et d’autres soutiens. « Le Hunan est connu pour être leader dans le cadre de la coopération entre la Chine et l’Afrique », note Abdualla Elfrid, vice-président de l’ACACDI. « Et nous pensons que ce bâtiment servira de pont pour l’approfondissement des échanges, l’amélioration de la compréhension et le développement de la coopération entre la Chine et l’Afrique. »
Plus de 282 milliards de dollars US, le montant du commerce bilatéral avec l’Afrique en 2023
La Chine est restée le plus grand partenaire commercial de l’Afrique pour la 15e année consécutive, le commerce bilatéral atteignant un montant record de 282,1 milliards de dollars en 2023, selon le ministère du Commerce. Alors que les investissements chinois en Afrique sont souvent représentés par de grandes entreprises d’Etat qui construisent des chemins de fer, des ports et des centrales électriques en Afrique, les petites entreprises privées sont de plus en plus reconnues pour leur capacité à stimuler le commerce, à créer des emplois et à introduire des technologies et investissements dans divers secteurs. Avec une forte participation des entreprises privées, la coopération Chine-Afrique s’est diversifiée, passant des infrastructures, de l’exploitation minière et de l’agriculture à la logistique, l’économie numérique, l’énergie propre, les finances et d’autres secteurs, indique Xu Xiangping, président du Conseil de promotion économique et commerciale Chine-Afrique. « Ces entreprises apportent des technologies et des savoir-faire en Afrique, notamment dans les domaines tels que les énergies renouvelables, l’agriculture et la numérisation, ce qui est favorable à la modernisation de l’Afrique », affirme M. Xu. Ces dernières années, la Chine a mis en place divers mécanismes afin de stimuler la coopération entre les entreprises privées chinoises et africaines, en particulier l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique et la Zone pilote de libre-échange de Chine (Hunan). Le Hunan accueille souvent ces politiques pionnières grâce à ses atouts en matière de technologies agricoles, de fabrication d’équipements et de construction d’infrastructures. Selon Shen Yumou, directeur du Département du commerce du Hunan, le bâtiment encouragera davantage de petites et moyennes entreprises chinoises à investir en Afrique en mettant en commun leurs ressources et en fournissant des canaux et des services de localisation. « Les petites, moyennes et micro-entreprises sont plus préoccupées par les coûts et les risques liés à leurs affaires en Afrique, et notre objectif est donc de créer un écosystème plus sûr et plus efficace pour elles », note-t-il. En outre, le bâtiment devrait guider davantage d’entreprises africaines vers la Chine et les aider à exploiter le marché prometteur de la deuxième plus grande économie du monde. Grâce à la rapidité du traitement des services liés à l’Afrique par le gouvernement local et à sa proximité avec le Guangdong, centre manufacturier de la Chine, le Hunan est devenu un tremplin idéal pour les entreprises africaines qui souhaitent entrer en Chine, explique Luo Qin, directrice générale de Changsha Starlink Foreign Enterprise Comprehensive Services Co., Ltd, une société offrant des services de commerce extérieur à d’autres entreprises. « De nombreuses entreprises africaines misent sur le Hunan et le nouveau bâtiment à Changsha », poursuit Mme Luo. « Nous nous attendons à ce que le bâtiment devienne une plateforme de premier plan pour le commerce entre la Chine et l’Afrique dans un avenir proche. »
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![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-320x158.jpg)


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