Pour les pays africains qui importent massivement des produits pétroliers, du gaz et des céréales, la dépréciation actuelle du dollar est une très bonne nouvelle, car elle va impacter la facture à la baisse et se traduire par des économies en devises. Pour le service de la dette libellée en dollar, cela signifie également quelques économies bienvenues.
NeL’euro a dépassé les 1,2 dollar ce mercredi 28 janvier à 12h GMT pour la première fois depuis 2021. Face à l’inquiétude croissante des investisseurs quant à leur exposition aux actifs américains, les autres devises et l’or ont vu leur cours s’envoler. Les prix de l’or ont dépassé les 5.300 dollars l’once (un peu plus de 31 gr) pour la première fois mercredi, la baisse de la confiance dans le dollar américain et les inquiétudes concernant l’indépendance de la Réserve fédérale américaine ayant stimulé la demande pour ce métal refuge. Le cours de l’or au comptant a bondi de 1,5 % à 5 266,22 dollars l’once à la mi-journée après avoir atteint un record historique de 5 311,31 dollars.
Interrogé hier mardi sur un décrochage excessif du billet vert, Trump a déclaré que sa valeur était «excellente.» Du coup, les cambistes ont interprété ces propos comme un signal pour intensifier les ventes de dollars, avant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale attendue ce mercredi. «Cela montre qu’il existe une crise de confiance envers le dollar américain,» relève Kyle Rodda, analyste de marché senior chez Capital.com. «Il semble que tant que l’administration Trump maintiendra sa politique commerciale, étrangère et économique erratique, cette faiblesse du dollar persistera,» poursuit-il.
Au contraire de pays non-pétroliers en Afrique, la faiblesse du dollar alimente l’inquiétude en Europe. Deux responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont déclaré à Reuters que la vigueur de l’euro pourrait influencer la politique monétaire. De son côté, le gouverneur de la Banque d’Autriche, Martin Kocher, a indiqué au Financial Times que la BCE pourrait être amenée à envisager une nouvelle baisse des taux d’intérêt si la vigueur de l’euro commençait à affecter les perspectives d’inflation. A Paris, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, se veut plus rassurant en indiquant que « les décideurs politiques suivaient de près l’appréciation de l’euro et son impact potentiel sur la baisse de l’inflation. »L’euro est, concrètement, très fort en ce moment et l’économie n’a pas vraiment d’inflation à craindre, tempère Kit Juckes, responsable de la Stratégie de change chez Société Générale. «Le dollar fait figure d’exception, car malgré une inflation américaine persistante, l’économie se porte très bien. Les marchés d’actifs se portent à merveille,» poursuit-il.
La faiblesse du dollar, qui a chuté de plus de 9 % en 2025 et de 2,3 % depuis début janvier, s’explique en grande partie par les inquiétudes des investisseurs concernant l’approche erratique de Trump en matière de commerce et de diplomatie internationale, les craintes liées à l’indépendance de la Fed et les fortes augmentations des dépenses publiques. A très court terme, les marchés attendent la décision de politique monétaire de la Fed, prévue dans la soirée ce mercredi (ndlr: en raison du décalage horaire). Selon les experts, la Réserve fédérale ne devrait pas modifier ses taux d’intérêt avant au moins le milieu de l’année, après le départ de son président, Jérôme Powell.









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