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COP 27 : Des dirigeants africains insistent sur le soutien des pays développés

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Plusieurs dirigeants africains ont souligné, lundi 7 novembre à Charm El Cheikh, l’importance du respect des engagements et de l’appui des politiques des pays développés pour faire face à la crise des changements climatiques.

Lors de leurs interventions aux travaux de la 27ème Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 27), les dirigeants africains ont notamment insisté sur le financement de l’adaptation dans les pays en développement, en plus de la transition vers l’énergie renouvelable et la réalisation de la neutralité carbone.

Bien que les pays en développement contribuent à des taux faibles aux émissions et au réchauffement climatique, ils restent les plus affectés par les effets des changements climatiques, ont-ils noté, ajoutant que ces pays ne ménagent pas d’efforts pour limiter les émissions et lutter contre les répercussions du changement climatique.

“Les pays africains soutiennent une transition verte juste et équitable”

Dans ce sens, le Président Sénégalais Macky Sall, Président en exercice de l’Union africaine (UA), a insisté sur la nécessité d’œuvrer pour sauver la planète terre, en se référant à l’Accord de Paris, notant que le financement réservé aux pays en développement, qui s’élève à 100 milliards de dollars, n’est plus suffisant et a besoin d’une revalorisation, en vue d’atteindre les objectifs escomptés.

La COP 27 est une occasion pour réaliser une transformation historique, a soutenu Macky Sall, relevant que les pays africains soutiennent une transition verte juste et équitable, bien qu’ils n’aient contribué que de 4% aux émissions des gaz à effet de serre.

L’Afrique est présente à Charm El-Cheikh pour participer avec responsabilité dans le sauvetage de la planète, a-t-il poursuivi, affirmant la détermination des pays du continent à interagir et travailler avec l’ensemble des partenaires pour que cette conférence ne se transforme pas en un simple sommet de plus.

Pour sa part, le Président gabonais Ali Bongo Ondimba a expliqué que la COP 26 tenue à Glasgow en Ecosse, a montré les écarts importants entre la planification et la mise en oeuvre, soulignant l’impératif de combler ces écarts.

Il est temps pour le monde de respecter ses engagements dans le soutien des politiques climatiques des pays en développement à hauteur de 100 milliards par an, a relevé le Président gabonais, notant que son pays, à l’instar de nombreux pays en développement, a besoin d’un financement important pour s’adapter aux changements climatiques et renforcer ses efforts visant à réaliser la neutralité carbone.

Financement : transparence, efficacité et faisabilité

Il a en outre insisté sur les aspects de transparence, d’efficacité et de faisabilité du financement, notant que si chaque pays se concentre sur la lutte contre le changement climatique en réduisant les émissions, en améliorant l’agriculture et en augmentant l’innovation technologique, il sera possible de parvenir ensemble à des solutions meilleures pour la question des changements climatiques.

De son côté, le Président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso a déclaré que la COP 27 sera l’un des sommets les plus importants depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, exprimant son souhait que cette conférence soit une conférence d’action après une série de promesses qui n’ont pas été mises en oeuvre des années durant.

Il est temps de passer à l’étape de la mise en œuvre, a-t-il insisté, ajoutant que la survie de l’humanité nécessite le respect des grandes puissances de leurs engagements, ainsi que la mise en oeuvre des initiatives efficaces liées à la préservation de l’environnement.

Dans la même lignée, le Président des Seychelles Wavel Ramkalawan a rappelé que son pays contribuera, dès l’année prochaine, à l’atténuation des effets du changement climatique en atteignant le taux de 100% de la protection des arbres de mangrove et des marées vertes, notant que son pays joue un rôle pionnier dans l’atténuation des effets du changement climatique.

Il a, par ailleurs, exprimé son souhait que le Sommet de Charm El-Cheikh puisse conclure « un traité de paix avec la planète terre » et prendre des décisions et des engagements réalisables.

Pour sa part, le Président mauritanien Mohammed Ould Ghazouani a appelé à prendre les dispositions nécessaires pour arrêter la dégradation environnementale, tout en luttant contre ses effets négatifs multidimensionnelle.

« Nous n’avons plus aujourd’hui besoin de parler du diagnostic de la situation environnementale catastrophique, ou de ses répercussions destructives sur les plans social et économique, ou encore ses dangers sur l’avenir de la planète et de l’humanité en général, » a déclaré Mohammed Ould Ghazouani.

Parmi les stratégies importantes convenues pour lutter contre la dégradation environnementale, le Président mauritanien a cité la mise en place de processus de développement moins dépendants de carbone, et ce en se dirigeant progressivement vers les énergies renouvelables et alternatives.

Au moment où les pays en développement contribuent le moins aux émissions carbone, ils subissent les taux les plus élevés de ces émissions, ainsi que du réchauffement planétaire, a-t-il fait observer, notant que les pays en développement fournissent, néanmoins, des efforts colossaux dans la réduction de ces émissions et dans la lutte contre les effets négatifs du changement climatique.

William Ruto met en garde contre l’augmentation des niveaux de mer

 

De son côté, le Président kényan William Ruto a souligné que la fréquence des catastrophes naturelles, telles que les cyclones, les tempêtes tropicales, les vastes incendies, la fonte des glaces, la sécheresse et la désertification, menace de provoquer l’augmentation des niveaux des eaux de mer et une destruction sans précédent.

Le rapport du climat sur l’Afrique indique que le changement climatique affecte 250 millions de personnes sur le continent et devra affecter 700 millions de personnes en 2050, a fait savoir William Ruto.

Il a, de même, relevé que la sécheresse a provoqué des pertes économiques s’élevant à 70 milliards de dollars dans la région, ajoutant que les inondations ont fait des milliers de victimes en Afrique, alors que leurs effets devraient atteindre 50 milliards de dollars en 2050.

Le Kenya a déjà concédé des pertes s’élevant à 1,5 milliard de dollars à cause de la sécheresse, a-t-il fait savoir.

A noter que les pays africains qui contribuent à hauteur de 4% seulement aux émissions mondiales, subissent la plus grande partie des effets du changement climatique.

En effet, 20% des habitants du continent africain vivent dans les 10 pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique au niveau mondial.

Entre 2010 et 2022, le nombre d’Africains touchés par la sécheresse a atteint 172,3 millions de personnes, tandis que les personnes touchées par les inondations étaient au nombre de 43 millions.

Les pays africains sont également les plus touchés par l’insécurité alimentaire et la rareté des eaux, alors que le changement climatique devrait plonger 78 millions de personnes supplémentaires dans la famine à l’horizon 2050, dont la moitié en Afrique subsaharienne.

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