Le Gabon franchit un cap dans la valorisation de son patrimoine naturel en créant un fonds souverain dédié à la filière iboga. Objectif : structurer un secteur encore informel, protéger une plante aux usages sensibles et capter davantage de valeur économique dans un contexte d’intérêt international croissant.
Classée patrimoine stratégique national, l’Iboga fait désormais l’objet d’une politique publique ambitieuse. Adopté en Conseil des ministres le 30 avril, le projet de décret prévoit la création d’un fonds souverain destiné à financer la recherche scientifique et à valoriser les savoirs traditionnels associés à cette plante aux vertus à la fois médicinales et hallucinogènes.
Si aucun montant initial n’a été communiqué, le fonds devrait être alimenté par les revenus générés par la filière : licences, redevances, commercialisation et exportation.
Structurer une filière encore informelle
À travers cette initiative, Libreville entend organiser un secteur longtemps resté en marge de l’économie formelle. L’enjeu est double : mieux encadrer l’exploitation de l’iboga tout en maximisant les retombées économiques pour le pays.
Le dispositif introduit également un mécanisme de partage des bénéfices avec les communautés locales, gardiennes des savoirs traditionnels, intégrant ainsi une dimension sociale dans la gouvernance de la filière.
Le projet de décret prévoit un contrôle strict des activités liées à l’iboga. Toute exploitation sera désormais soumise à une autorisation préalable du ministère de la Culture, après avis d’une commission technique interministérielle. Un cadre qui pourrait complexifier l’accès au marché pour certains opérateurs, mais qui vise à garantir une exploitation maîtrisée et durable.
Une réponse à l’intérêt international croissant
Cette décision intervient dans un contexte marqué par un regain d’intérêt mondial pour les substances naturelles à potentiel thérapeutique. Le 19 avril, le président américain Donald Trump a relancé le débat sur les thérapies psychédéliques, citant notamment l’ibogaïne comme piste prometteuse contre le stress post-traumatique et la dépression.
Face à ces enjeux, le Gabon entend affirmer sa souveraineté sur cette ressource en s’appuyant sur des cadres internationaux comme le Protocole de Nagoya et les instruments de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).
En inscrivant l’iboga dans son Plan national de croissance et de développement 2026-2030, le Gabon ambitionne de transformer cette ressource naturelle en levier de développement économique. Une stratégie qui vise à concilier souveraineté, innovation scientifique et valorisation du patrimoine culturel.


![Éclairage | Droit de la concurrence : les comportements anticoncurrentiels et la faute détachable des fonctions de dirigeant [Par Hassan Ouatik, Expert-comptable OEC Paris] Avant de pousser l'analyse, il convient de préciser, fût-ce sommairement, les contours de la notion de faute détachable des fonctions de dirigeant. Cette notion trouve son origine dans la pratique administrative, dans la mesure où elle permet de dissocier la responsabilité de l'agent public de celle de son administration. En droit privé, elle n'a pas de définition légale : c'est la jurisprudence qui l'a caractérisée, avec certaines similitudes avec la faute de gestion.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/08/Conseil--320x160.jpg)


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