Castle Minerals change de braquet en Côte d’Ivoire. La junior australienne a annoncé, le 28 août, une levée de fonds de 4 millions de dollars australiens, soit environ 2,87 millions de dollars, qu’elle compte mobiliser pour accélérer le développement de son portefeuille aurifère.
Une part significative de cette enveloppe doit être consacrée à Nielle, dans le nord du pays. L’objectif est clairement affiché : parvenir à une première estimation de ressources minérales. Une étape déterminante pour un projet minier, puisqu’elle permet de passer des indices d’or identifiés par forage à une première quantification des volumes potentiellement présents dans le sous-sol.
Pour y parvenir, Castle compte reprendre les données accumulées au fil des années, les réinterpréter et hiérarchiser les cibles jugées les plus prometteuses. Viendront ensuite les forages de remplissage et d’extension, accompagnés de travaux géochimiques. La priorité sera de confirmer la continuité des zones minéralisées et d’en affiner la géométrie, avant d’envisager une estimation conforme au code australien JORC.
Un historique à convertir en valeur
Castle Minerals ne part pas d’une page blanche. Selon la société, plus de 3 millions de dollars ont déjà été consacrés à l’exploration de Nielle par les précédents opérateurs. Forages, campagnes géochimiques et cartographie ont permis d’accumuler une masse de données que la junior australienne veut désormais exploiter à plein.
Plusieurs intersections aurifères à haute teneur ont notamment été identifiées le long d’un corridor minéralisé d’environ 4,5 km. Un historique qui, aux yeux de Castle, pourrait lui permettre de gagner un temps précieux et d’éviter une partie des travaux préliminaires habituellement nécessaires sur les projets encore peu documentés.
Le chantier consiste désormais à faire parler ces données. « Notre travail consiste maintenant à transformer ces travaux en cibles de forage », résume le directeur général, Steve Zaninovich. Une formule qui dit assez bien la stratégie de la junior : capitaliser sur l’existant plutôt que repartir de zéro.
Castle élargit son terrain de jeu
Nielle n’est d’ailleurs qu’une pièce du dispositif ivoirien de Castle Minerals. Dans le sud du pays, la compagnie poursuit parallèlement l’extension de son portefeuille CDI East, qui couvre environ 1 842 km².
Sur le permis Ebony, les équipes ont engagé des prélèvements de sols destinés à affiner le potentiel minéral du secteur. Deux autres permis seraient par ailleurs à un stade avancé de leur processus d’octroi, selon la compagnie.
Mais c’est bien Nielle qui concentre désormais l’attention. Car derrière l’ambition technique se cache encore une inconnue administrative.
Le feu vert d’Abidjan comme point de passage obligé
Avant de transformer ses plans en campagnes de forage, Castle doit obtenir l’autorisation des autorités ivoiriennes. La demande de permis d’exploration de Nielle est toujours en attente d’approbation auprès du ministère des Mines.
Ce feu vert conditionne la suite des opérations. Il doit permettre à la fois de finaliser l’acquisition du projet et de lancer les travaux de terrain nécessaires à la définition d’une première ressource.
Pour Castle Minerals, l’enjeu est donc double : convertir rapidement un important historique d’exploration en données exploitables et franchir le cap réglementaire qui permettra de passer aux choses sérieuses. À Nielle, la prochaine pépite pourrait ainsi se jouer autant dans les carottes de forage que dans les bureaux de l’administration ivoirienne.





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