Ancien Premier ministre, ancien Président de l’Assemblée nationale et compagnon de la première heure du chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, Guillaume Soro vit en exil depuis 2019. Il vient d’annoncer avec fracas sur les réseaux sociaux, son intention de revenir au pays malgré une condamnation à perpétuité et un mandat d’arrêt international qui lui collent à la peau. Le 3 novembre dernier, il avait dénoncé une tentative d’enlèvement par les services secrets ivoiriens à l’aéroport d’Istanbul en Turquie.
Après cinq ans d’exil et atteint par le mal du pays, Soro Kigbafori Guillaume a annoncé en grande pompe son intention de revenir en Côte d’Ivoire. « […] J’annonce, ici et maintenant, que je mets fin à mon exil, car il m’est pénible de vivre loin de ma terre ancestrale, et natale d’Afrique», a-t-il lancé, dans une vidéo diffusée hier dimanche 12 novembre sur X (l’ex-Twitter).
L’annonce inattendue du leader du parti Générations et Peuples Solidaires (GPS) intervient alors qu’il est sous la menace d’une lourde condamnation judiciaire pour «atteinte à la sûreté de l’Etat» et devenu non grata à Abidjan. Le 3 novembre dernier, il avait alerté sur une tentative d’enlèvement aux fins de l’extrader vers la Côte d’Ivoire, où il doit purger une peine de 20 ans de prison ferme pour «recel de détournement de deniers publics.»Par ailleurs, suite à une autre condamnation à la prison à perpétuité prononcée en 2021, un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre pour tentative de coup d’Etat en 2019.
S’il n’a pas précisé de date, Guillaume Soro a justifié son retour au bercail par le refus d’être un «fugitif.» Le chef de l’Etat Alassane Ouattara, a-t-il accusé, aurait pesé de tout son poids tout au long de ces 5 années d’exil, pour le faire extrader, de Paris à Dubaï, en passant par la Belgique ou encore la Turquie. Guillaume Soro, qui a dépeint un exil instable et constamment menacé, a dénoncé l’acharnement du pouvoir d’Abidjan qui est dans «une féroce chasse internationale à l’homme.»
L’ancien allié du président Ouattara n’a pas encore renoncé à ses ambitions présidentielles. Le scrutin présidentiel aura lieu en 2025.
Ancien chef de la rébellion qui a mené à la guerre sanglante de 2002, Guillaume Soro, présenté comme le «fils politique» d’Alassane Ouattara, avait contribué à le porter à la présidence de Côte d’Ivoire. Cependant, la brouille avec son ex-mentor surviendra après la dernière mutinerie de 2017 dont Soro était soupçonné d’avoir incitée. Après son limogeage de son poste de président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro acte cette rupture en quittant le parti au pouvoir, au sein duquel il avait longtemps milité. Il crée ensuite sa propre formation politique.





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