Mobiliser au moins 120 milliards de dollars US pour soutenir le développement des pays les plus pauvre dont la grande majorité se trouve en Afrique, tel est l’objectif recherché à l’occasion de la tenue les 9 et 10 octobre à Abidjan, de l’Assemblée de développement économique de l’Afrique

Visant à soutenir la reconstitution des ressources financières de l’Association Internationale de Développement (IDA- 2021), la rencontre d’Abidjan a été l’occasion de souligner que l’Afrique est sur le point de connaître d’immenses changements, déclenchés par un boom démographique qui fera en sorte que 25 % de la population mondiale en âge de travailler se trouvera en Afrique subsaharienne d’ici 2050.
De l’utilisation efficiente des ressources attendues
Dans une allocution de circonstance, le Président ivoirien, M. Alassane Ouattara, a appelé l’ensemble des partenaires au développement, y compris le secteur privé et la société civile à renforcer leur coopération pour la transformation des économies africaines, mettant en avant l’importance de ce conclave à même de déboucher sur l’accord d’Abidjan, soutenu par de grandes entreprises mondiales.
« Cet accord vise à réaffirmer les priorités d’investissement et les engagements pour améliorer la capacité d’absorption et assurer une utilisation transparente et efficiente des ressources qui seront mises à disposition », a expliqué le Président ivoirien.
Au regard de l’immensité des besoins et compte tenu de l’importance des ressources de l’IDA pour le financement des projets de programmes de développement en Afrique, le Chef de l’Etat ivoirien a émis le vœu que la reconstitution inédite des ressources apporte une réponse satisfaisante aux difficultés de financement que les crises et les tensions imposent à l’Afrique.
Après avoir rappelé que les précédentes reconstitutions de ressources de l’IDA ont permis aux pays à faible revenu de faire face notamment, à la crise du Covid-19 et de financer les actions de développement et de lutte contre la pauvreté, il a reconnu que la 21e reconstitution de l’IDA intervient dans un environnement international difficile.
L’IDA, un « levier » incontournable de la croissance durable et inclusive
La ministre ivoirienne de l’Economie, du Plan et du Développement, Mme Nialé Kaba, a pour sa part relevé que la reconstitution des ressources de l’IDA-21 intervient dans un contexte mondial difficile, marqué notamment par les tensions géopolitiques, les pressions sur les finances publiques des pays africains et les effets dévastateurs des changements climatiques, notant que la rencontre d’Abidjan vise à amplifier le plaidoyer en vue d’une reconstitution record d’au moins 120 milliards de dollars.
Elle a de même rappelé que depuis plusieurs décennies, l’IDA s’impose comme un « levier » incontournable de la croissance durable et inclusive en Afrique, en soutenant les politiques de développement, à travers des dons et des prêts très concessionnels.
Les différents intervenants aux panels et durant les échanges programmés dans le cadre de cette deuxième journée, ont été unanimes à reconnaitre qu’aucune autre région du monde ne connaîtra une telle croissance surtout à un moment où la plupart des grandes économies voient leur population en âge de travailler stagner ou diminuer, alors que celle de l’Afrique subsaharienne augmente rapidement.
À mesure que les disparités démographiques mondiales se creusent et que la population africaine augmente, on s’attend actuellement à ce que les niveaux de pauvreté persistent, ont-ils estimé, notant que si l’augmentation de la population de l’Afrique s’accompagne d’un investissement dans la productivité et le développement, elle peut sortir des millions de personnes de la pauvreté et devenir le principal pôle de la croissance mondiale.
Dans ce sens, ils ont appelé les dirigeants mondiaux du G20 et d’autres pays riches à soutenir le développement de l’Afrique en s’engageant à la 21e reconstitution des ressources de l’Association Internationale de Développement (IDA-21) d’au moins 120 milliards de dollars en décembre 2024.
Les panélistes ont estimé nécessaire de mener une action urgente pour accroitre la productivité économique et sociale du Continent en veillant à améliorer l’accès à l’énergie durable, développer des infrastructures efficaces et de qualité, augmenter les investissements dans le domaine agricole et l’adaptation au changement climatique, et à renforcer les systèmes de santé.
L’effort doit aussi porter sur l’appui à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la mobilisation accrue des ressources nationales (politique fiscale, investissement dans les systèmes de santé de l’éducation et des infrastructures.), tout en accordant une attention particulière au financement du secteur de la santé et à la création de plus d’emplois et d’opportunités économiques pour les jeunes, ont-ils préconisé.
Il s’agit de même d’œuvrer pour l’autonomisation économique des femmes et l’égalité des sexes, la promotion du tourisme pour stimuler la croissance économique, la mise en valeur des entrepreneurs et investisseurs africains grâce à des études de cas et des récits, l’encouragement des investissements et leur démystification sur le Continent.
Placé sous le thème « mettre fin à la pauvreté sur une planète viable : Avoir un impact avec urgence et ambition », ce conclave a réuni des Chefs d’Etat, des ministres des finances, de la santé et du développement, quelque 300 dirigeants du secteur privé, des représentants de banques de développement, de hauts responsables de l’ONU et d’institutions financières internationales, des investisseurs, des acteurs de la société civile, des représentants d’ONG’s, ainsi que des experts, des universitaires et des spécialistes en développement durable.
La rencontre d’Abidjan se propose d’œuvrer de manière à parvenir à éliminer les obstacles au développement sur l’ensemble du continent africain et à donner le coup d’envoi d’une croissance équitable et durable.
Initiée par Global Citizen et Bridgewater Associates, en partenariat avec le gouvernement de la Côte d’Ivoire et Harith General Partners, cette conférence interviendra en prélude au Sommet du G20 prévu en novembre prochain à Rio de Janeiro (Brésil), ainsi qu’à la Conférence de l’IDA-21, qui se tiendra en décembre prochain à Séoul (Corée du Sud).







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