fbpx

Côte d’Ivoire : le plaidoyer de Ouattara face au FMI, « un déficit de 4% » est impossible

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Alassane Ouattara n’est pas d’accord avec le FMI et il a tenu à le faire savoir lors d’une conférence tenue lundi 10 mai 2021 et dont il était le principal invité. Le département Afrique du FMI qui fêtait son 60e anniversaire n’a pas été déçu de recevoir un véritable plaidoyer de son ex-directeur général adjoint.

Ouattara milite pour une réforme du FMI, mais également pour un changement des relations entretenues avec les pays africains. Ainsi, il estime qu’il n’est pas normal que le FMI continue d’imposer aux Etats du continent des taux de déficit budgétaire de 4%, alors que des pays développés peuvent se permettre le double de ce taux. C’est une simple hérésie.
«Lorsqu’on regarde le ratio déficit/PIB, c’est 9% aux USA et près de 8% en France. L’Allemagne qui a toujours été un pays excédentaire va cette année enregistrer un déficit de 6%. Pourtant, dans le cadre de nos échanges, on parle d’un déficit de 4% pour les pays africains. C’est impossible», a martelé Ouattara devant une audience médusée par les propos clairs du chef de l’Etat ivoirien.

Il ne s’est pas arrêté à ce niveau, puisqu’il a prévenu la directrice générale du FMI, Kristalina Geogieva, en des termes sans ambages. «Si le FMI continue à faire preuve de rigidité sur les questions de déficit pour les pays pauvres durant cette période de pandémie, je suis désolé madame Georgieva, mais vous aurez des problèmes avec tous les pays. Nous ne pouvons pas accepter que la France, par exemple, ait un déficit de 8% et que la Côte d’Ivoire soit obligée d’avoir un déficit de 4%. Ce n’est pas viable», a-t-il ajouté.

Pour Alassane Ouattara, bien que les pays développés soient favorables à l’émission en grandes quantités de Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI en faveur des pays africains, Il s’agit de mesures isolées qui ne régleront pas le problème des économies africaines. Il faut que le FMI fasse confiance aux pays du continent dont le système fiscale est en mesure de favoriser la collecte de recettes pour rebondir après le Covid-19.
D’ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler les propres chiffres du FMI qui affirme qu’il faut jusqu’à 425 milliards de dollars supplémentaires pour venir à bout du Covid-19. La question se pose dès lors de savoir d’où devraient-ils provenir dans le contexte actuel, si ce n’est de la dette et donc du déficit supplémentaire. Evidemment, le soutien des pays nantis ne sera pas refusé.

«Les pays du G7 et du G20 doivent faire preuve de solidarité. Je pense qu’ils sont égoïstes», a-t-il déclaré. “Il y a un manque de solidarité de la part de la plupart de ces pays. C’est ce manque de solidarité qui est responsable de certains des problèmes que ces pays connaissent aujourd’hui comme celui des migrations», a-t-il dit. Un message clair pour dire qu’il faut que les centaines de milliards de dollars débloquées un peu partout dans le monde, aillent aussi en partie vers les pays africains.

Partager.

Répondre