L’agence de notation Fitch Ratings a relevé vendredi 12 décembre, la note souveraine à long terme en devises étrangères de la Côte d’Ivoire de «BB-» à «BB,» assorti d’une perspective stable. L’Eléphant se trouve ainsi à un palier de la très convoitée catégorie «Investment grade,» celle qui équivaut à «BBB.»
L’agence de notation financière justifie le relèvement de la note souveraine de la Côte d’Ivoire par plusieurs facteurs. La notation «BB» témoigne d’une forte croissance, d’une gestion budgétaire saine et de politiques macroéconomiques solides, illustrées par une longue période de désinflation, en plus du soutien des créanciers internationaux.
Au niveau politique, l’incertitude s’est dissipée, constatent ses analystes. L’élection présidentielle d’octobre dernier s’est déroulé sans incidents, ce qui laisse penser que le pays s’éloigne de son passé de troubles civils liés aux échéances électorales. La confirmation de la victoire du Président Ouattara pour un nouveau mandat de 5 ans et l’adhésion d’Abidjan au programme de réformes soutenu par le FMI et au Plan de développement 2026-2030 garantissent la continuité de la gestion macro-budgétaire. Les élections législatives prévues ce mois de décembre mettront à l’épreuve la majorité mais Fitch Ratings anticipe une stabilité de la politique économique.
Pour l’agence de notation financière, le tableau clinique de l’économie ivoirienne ne présente guère d’inquiétude particulière. Elle prévoit une croissance du PIB réel de 6,4 % cette année, 6,5 % en 2026 et 6,6 % en 2027, une performance supérieure à la médiane des prévisions des pays notés «BB» (3,5-3,9 %) sur la même période. L’agriculture reste résiliente malgré les aléas climatiques affectant les cultures de cacao et de café, et la production d’anacardes et de caoutchouc est en croissance. Par ailleurs, l’inflation restera en moyenne inférieure à 2 % entre 2025 et 2027, grâce à l’ancrage du franc CFA à l’euro et à la politique monétaire restrictive de la BCEAO.
Maîtrise du déficit budgétaire et de l’inflation
Le ratio dette publique/PIB devrait diminuer grâce à une forte croissance et à des déficits réduits, pour atteindre 58,2 % en 2025 (59,5 % en 2024). Fitch entrevoit une nouvelle baisse à 56,1 % d’ici 2027, convergeant vers la médiane de 55 % pour les pays notés «BB» sur la période. Le ratio intérêts/recettes devrait culminer à 16,3 % en 2025, avant de baisser à 13,3 % en 2027, sous l’effet de la hausse des recettes et d’une gestion proactive de la dette.
Côté finances publiques, le déficit budgétaire ressortirait à 3 % du PIB en 2025, soit un point de moins qu’en 2024. Cette performance résulte d’une très bonne mobilisation des recettes fiscales et de premiers succès contre la fraude.
Le déficit du compte courant se réduira à environ 1,7 % du PIB en 2025 contre environ 4% en 2024, grâce à un excédent commercial plus important que prévu. La valeur des exportations de cacao (fèves et produits transformés), de noix de cajou, de pétrole brut, de caoutchouc et d’or dépasse celle des importations. L’agence de notation anticipe une nouvelle amélioration du solde du compte courant à environ 1,5 % en 2026 et 2027, soutenue par la montée en puissance des exportations de pétrole et d’or.





Côte d’Ivoire



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