fbpx

Crypto-monnaies : Les prérequis indispensables au développement des monnaies numériques en Afrique de l’Ouest

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Développer les monnaies numériques, voilà ce qui semble être l’une des pierres angulaires de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Par James Claude,
PDG de Global Voice Group

Après avoir organisé une première conférence-actualité sur le thème « Émergence des crypto monnaies : craintes et controverses » en décembre dernier, la BCEAO s’est plus récemment associée à la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) pour organiser un webinaire sur le potentiel des monnaies digitales de banques centrales en Afrique de l’Ouest. Deux évènements qui en disent long sur les principaux axes de développement de la BCEAO et envoient un signal encourageant quant à la volonté des Etats de rester à la pointe des évolutions technologiques en matière financière.

Si l’avènement des monnaies numériques de banque centrale (MNBC ou CBDC en anglais) devrait résoudre la plupart des problèmes liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme (LAB/CFT) sur le long terme, en facilitant la traçabilité des transactions, les gouvernements ne doivent pas pour autant abandonner la lutte contre ces fléaux à plus court terme. Parce que leur mise en place sera longue, il est dans l’intérêt des Etats de sécuriser également le système actuel des transactions dématérialisées grâce aux outils numériques adéquats, et ce afin de se prémunir des risques LAB/CFT.

Un vecteur d’inclusion et de stimulation économique

Au niveau des banques centrales, le webinaire récent organisé par la BCEAO visait à explorer le potentiel de l’adoption de MNBC dans leurs opérations, et notamment la stimulation du commerce régional qui pourrait en résulter. Si la dématérialisation des transactions représente assurément l’un des leviers majeurs de l’inclusion financière en Afrique, ce n’est pas seulement valable au niveau des banques centrales, mais aussi au niveau des particuliers. Ces dernières années, la numérisation des transactions financières a déjà prouvé son utilité pour les populations de la sous-région, en élargissant l’accès à des services tels que le paiement, le recours à l’épargne et aux prêts, ou encore la création d’entreprises. Comme le souligne la Banque Mondiale, la crise du Covid-19 a également servi de catalyseur des transactions numériques du fait des mesures barrières imposées par les Etats du monde entier.

Des risques intrinsèques

L’une des questions-clé à intégrer à l’équation des monnaies numériques reste celle de l’identification des participants à cet écosystème financier. S’il est vrai que les MNBC combleront la plupart des lacunes actuelles du paiement mobile en centralisant le suivi de ces transactions, la question de la confiance n’en demeurera pas moins primordiale. Dans tout écosystème numérique, les multiples acteurs (gouvernements, entités, citoyens) doivent avoir la garantie que les informations qu’ils fournissent, obtiennent ou stockées en ligne sont sécurisées. Dès lors, les Etats doivent dès à présent s’engager pour assurer la mise en place d’identités numériques fiables : un prérequis incontournable pour permettre aux populations de bénéficier d’un accès aux MNBC.

Dans l’attente de la mise en place d’un tel système dématérialisé et en vue de se prémunir des risques LAB/CFT à court terme, les autorités ouest-africaines peuvent compter sur le soutien de Global Voice Group, qui accompagne depuis plus de vingt ans les gouvernements africains dans la numérisation de leurs outils de conformité réglementaire. Afin de lutter contre les menaces intrinsèques à la dématérialisation des flux financiers, notre suite Fin-X permet aux gouvernements et aux autorités bancaires de superviser toutes les transactions financières numériques. Déclinée en deux plateformes numériques novatrices, M3 et X Stream, cette suite permet de vérifier en temps réel la conformité des transactions numériques concernant l’argent mobile (M3) et les envois de fonds (X Stream). Déployée dans plusieurs pays africains, cette suite a déjà permis de vérifier la conformité des transactions d’argent mobile à hauteur de 361 milliards USD depuis 2013. 

L’intérêt que la BCEAO et ses Etats membres portent aujourd’hui à la monnaie digitale est tout à fait en phase avec les priorités de la sous-région pour favoriser un développement inclusif. Mais afin de ne pas confondre vitesse et précipitation, les autorités doivent d’abord s’armer face aux risques inhérents à toute société numérisée.

 

Par James Claude,
PDG de Global Voice Group

 

Partager.

Répondre