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Ces économies africaines à l’épreuve du terrorisme

Le bilan dressé par Armed Conflict Location and Event Dataset (ACLED) est révélateur. A en croire le rapport public 2015 de l’agence américaine (ACLED), spécialisée dans les analyses des conflits armés, 4 523 attentats ont endeuillé 44 pays africains (source : le Monde du 27 janvier 2016). Une dizaine seulement n’ont pas encore subi la bourrasque terroriste. De la bande sahélo-saharienne au Golfe de Guinée en passant par la Corne de l’Afrique, le terrorisme déploie ses tentacules année après année et c’est un euphémisme de dire que l’Afrique est prise en tenailles. Les attaques terroristes risquent de désarticuler le tissu économique de nombreux pays et par voie de conséquence hypothéquerait par là-même le rythme de leur développement. Continent d’avenir pour des investissements internationaux au regard de l’abondance des ressources naturelles, l’Afrique est à la croisée des chemins. Nul besoin de dire que les menaces terroristes constituent un frein à la course aux investissements.

Quand le terrorisme s’invite dans un pays, c’est tout un pan de son économie qui tangue a priori. Force est de reconnaitre que la situation pèse sur le développement de l’Afrique. Dans sa partie ouest, malgré une croissance évaluée entre 5 et 8% pour l’année 2015, les risques d’un ralentissement ne sont pas à écarter. En Afrique Centrale, l’embellie devrait encore attendre. Contrairement aux projections qui avaient été faites, la croissance dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), sera revue à la baisse, passant de 4,3 à 2,4. Ainsi en a conclu le Comité de politique monétaire (CPM). A l’origine de ce changement de courbe de progression, se trouvent deux facteurs principaux. Outre la baisse drastique des cours mondiaux du pétrole dont nombre des pays d’Afrique centrale sont producteurs (Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale…), il faut ajouter à cette situation conjoncturelle, celle purement sécuritaire et inhérente aux conséquences des actions terroristes de la secte Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO), ex-Boko Haram. Il est à observer que des pans entiers de l’économie sont touchés dans les pays africains par le fléau du terrorisme comme c’est le cas pour le tourisme en Tunisie, au Kenya, au Mali, en Egypte, au Cameroun, au Niger, au Tchad…

Le mal est plus profond quand on sait que ce secteur a un effet d’entrainement sur d’autres tels que le transport, les communications, l’artisanat, le commerce et le bâtiment. Sous le spectre de la menace terroriste, de nombreux gouvernements n’auront pas d’autre choix que de ranger d’importants projets d’infrastructures socioéconomiques dans les tiroirs pour davantage effectuer des dépenses militaires afin de faire face à cette guerre asymétrique. En tout cas aujourd’hui, même s’il est encore tôt de tirer un bilan sur son impact réel sur les économies africaines, le terrorisme menacerait d’entrainer une dizaine de pays africains victimes, dans un cercle vicieux, qui jetterait à la rue plus de jeunes sans emplois, pouvant devenir une véritable proie pour les extrémismes religieux.

Economie Terrorisme

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