Deuxième source en devises du pays, les revenus du Canal de Suez ont décroché de 23,4% au premier semestre (fin juin) par rapport à l’année dernière, pour atteindre 7,2 milliards de dollars. Les attaques de navires par des houthis, soutenus et armés par l’Iran font chuter le chiffre d’affaires de la société d’exploitation du canal de Suez
L’exercice fiscal (budgétaire) en Egypte s’étend de début juillet à fin juin de l’année suivante. Depuis novembre 2023, les rebelles houthis du Yémen multiplient les attaques contre des navires marchands en Mer Rouge, perturbant le commerce maritime mondial dans cette voie stratégique. Selon les autorités égyptiennes, le canal a enregistré «pendant l’exercice financier 2023/24 le passage de 20 148 navires, générant des revenus de 7,2 milliards de dollars, contre 25 911 navires durant l’exercice 2022/23, avec des revenus de 9,4 milliards de dollars», indique l’Autorité du canal de Suez dans un communiqué.
Cité dans le communiqué, le président de l’établissement public qui administre le canal, Oussama Rabie, impute ce recul à «l’impact sévère de la crise de la mer Rouge sur le trafic dans le canal, car les problèmes de sécurité incitent de nombreux propriétaires et opérateurs de navires à emprunter des routes alternatives.» Le recours à ces routes alternatives entraîne une augmentation de la durée des voyages et des coûts.
L’impact direct de Gaza dans la chute des revenus
En février dernier, le président Abdel Fattah al-Sissi avait annoncé une baisse des revenus du canal de 40 à 50 %, suite aux perturbations engendrées par les attaques à répétition des Houthis, qui disent agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, territoire pilonné par Israël depuis octobre. Cette crise fracasse de plein fouet l’Egypte qui traverse une crise économique alimentée par une pénurie de devises étrangères, et fait face aux conséquences géopolitiques de deux conflits à ses portes : la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza et le conflit au Soudan. Les revenus du canal de Suez, qui assure le passage de 10 % du commerce maritime mondial, constituent une des principales sources en devises du pays à côté des envois de fonds de la diaspora et du tourisme.





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