Porté par l’accélération des réformes et l’intégration économique, le commerce intra-africain pourrait franchir un nouveau cap en 2026. Mais derrière cette dynamique prometteuse, le Continent reste confronté à des fragilités structurelles et à un potentiel encore largement inexploité.
Le commerce intra-africain devrait enregistrer une progression de 10 % en 2026 pour atteindre 230 milliards de dollars, contre 210 milliards en 2025. C’est ce qui ressort du rapport African Trade and Economic Outlook 2026 publié fin mars par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
Une croissance tirée par la dynamique de la ZLECAf
Cette projection repose sur un scénario optimiste, conditionné par plusieurs facteurs clés : stabilité politique, approfondissement de l’intégration régionale, réformes en matière de compétitivité, mais aussi amélioration du contexte économique mondial. Une détente des tensions géopolitiques et une normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement pourraient ainsi renforcer la confiance dans le commerce international et soutenir les économies africaines.
Des réformes structurantes comme moteurs
L’essor attendu des échanges intra-africains s’appuie largement sur les avancées enregistrées en 2025. Parmi elles :
- La mise en service du système panafricain de paiement (PAPSS), qui devrait réduire les coûts de change de 20 à 30 % ;
- La suppression progressive des barrières non tarifaires sur les grands corridors commerciaux ;
- L’adoption du protocole sur le commerce numérique dans le cadre de la ZLECAf.
Ces réformes visent à fluidifier les échanges et à renforcer la compétitivité des économies africaines.
Une transformation progressive des échanges
En 2026, la part du commerce intra-africain dans les échanges globaux du Continent devrait atteindre 16 %, contre environ 15 % ces dernières années.
Autre évolution notable : la montée en puissance des secteurs manufacturier et agroalimentaire. Leur part dans les échanges intra-africains pourrait grimper entre 48 % et 50 %, contre 46 % en 2025, compensant ainsi le ralentissement du commerce des matières premières.
Par ailleurs, les flux commerciaux devraient devenir plus équilibrés entre les différentes sous-régions. Si l’Afrique australe restera le principal moteur, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est devraient gagner en poids grâce à la mise en œuvre accélérée de la ZLECAf. L’Afrique du Nord, quant à elle, consolidera ses liens avec le reste du Continent.
Un commerce encore déséquilibré
Malgré ces perspectives encourageantes, des déséquilibres persistants demeurent. Le commerce total de l’Afrique a atteint environ 1 400 milliards de dollars, mais sa structure reste marquée par une forte dépendance aux matières premières.
Les exportations hors du Continent sont dominées à 60-70 % par des produits bruts, tandis que les importations sont constituées à plus de 60 % de produits manufacturés. La part de l’Afrique dans les exportations mondiales reste faible, autour de 3 %, signe d’une intégration encore limitée dans les chaînes de valeur globales.
Les disparités régionales sont également marquées :
- L’Afrique du Nord affiche une meilleure diversification et des exportations à plus forte valeur ajoutée ;
- L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale restent dépendantes du pétrole et des matières premières ;
- L’Afrique de l’Est se distingue par une diversification relative, malgré un faible volume d’exportations.
Un potentiel colossal encore inexploité
Le rapport met en lumière un écart important entre les performances actuelles et le potentiel réel du continent. Les exportations africaines seraient inférieures de près de 434 milliards de dollars à leur niveau potentiel.
Deux leviers apparaissent essentiels pour combler ce retard :
- La transformation agricole, qui pourrait augmenter les recettes d’exportation de plus de 40 % ;
- La valorisation des ressources minières, capable de générer jusqu’à 120 milliards de dollars de recettes supplémentaires, d’accroître la croissance du PIB de 4,3 points et de créer plus de 400 000 emplois.
Le défi de la transformation structurelle
Pour concrétiser ces perspectives, l’Afrique devra accélérer ses efforts en matière d’intégration régionale, améliorer la gouvernance économique et investir massivement dans les infrastructures.
Si les bases d’un décollage du commerce intra-africain sont désormais posées, la transformation durable du continent dépendra de sa capacité à monter en gamme et à capter davantage de valeur ajoutée.
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