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Entreprendre au Sénégal : le bon moment ?

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Parmi les pays dits « émergents » en Afrique, le cas du Sénégal est particulièrement notable. Bien que positionné à la 165e place mondiale en terme de PIB, le Sénégal est la 21ème économie africaine et la 4ème si l’on se réfère à la sous région occidentale après le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Une croissance du PIB de 4.7% en 2020 et  5.5% prévus en 2021, c’est une économie dynamique et diversifiée.

Bien que les secteurs de l’exploitation minière, la construction, le tourisme, la pêche et l’agriculture soient les principaux pourvoyeurs d’emplois dans le pays, le secteur tertiaire se développe plus rapidement avec un taux de croissance de l’ordre de 6% par an. Cela n’a pas échappé aux experts de entreprendre.sn, un réseau d’information et d’aide à la création d’entreprise au Sénégal, attachés à promouvoir l’entrepreneuriat local et les investissements internationaux.

Un pays politiquement stable

Autre point positif du pays sa notable stabilité politique. Le plan « Sénégal émergent », vision sur 30 ans lancée par le président Macky Sall, s’est attaché à un plan d’investissements global, afin de renforcer les infrastructures, diminuer le coût de l’énergie alors très élevé, et développer les secteurs clefs. Ces efforts portent leurs fruits, malgré des disparités importantes selon les régions et les secteurs d’activité. Les inégalités de revenus sont encore très importantes (En effet, les 20% les plus riches concentrent 46,8 % de l’ensemble des revenus, alors que les 20% dont les revenus sont les plus faibles se partagent seulement 6% – Inégalités économiques et système des inégalités au Sénégal,  Abdoul ALPHA DIA) et les disparités régionales sont très fortes, même si la tendance est plutôt stable.

Le pays, contrairement à d’autres régions africaines est peu touché par le terrorisme, les guerres ou les mouvements sociaux internes. Le développement de l’urbanisation  (près de la moitié de la population réside en ville, ce qui représente le taux d’urbanisation supérieur à la moyenne observée en Afrique subsaharienne de 40 %) engendre de fait un développement du secteur des services, même si les secteurs « traditionnels » restent les plus porteurs.

Autre point important, le pays consacre 26,5% de son budget annuel dans l’éducation (UNESCO 2016) ce qui fait du pays un bassin d’emplois qualifié de grande qualité. Malgré la forte prégnance du secteur informel, c’est aussi la garantie de pouvoir développer une entreprise avec des ressources humaines compétentes.

Ajoutons également une bonne protection juridique globale : le droit des affaires est régi par l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique). Les risques sont donc relativement limités, que ce soit dans le cadre de la création d’une entreprise individuelle ou d’un investissement plus lourd (industriel, agricole, etc..)

Les secteurs porteurs

Reste la question des secteurs propices à l’investissement. WISE, réseau mondial de transfert d’argent et solution de paiement internationale, a identifié 7 secteurs essentiels :

  • Agriculture et Agrobusiness
  • Économie digitale
  • Mines
  • Fruits de mer et aquaculture
  • Riz
  • Santé
  • Tourisme

Bien que l’agriculture soit un axe de développement prioritaire du pays, investir dans les sociétés existantes est possible grâce au FONSIS (Fonds Souverain D’Investissements Stratégiques). Grâce à lui, vous pourrez entrer au capital de diverses entreprises : hubs logistiques/industriels, énergie, habitat social, mines, répondre à différentes offres de projets. Mais les projets agricoles restent majoritaires, notamment dans le riz. Ces domaines étant à forte valeur capitalistique, il est évident que de tels investissements sont réservés aux grandes sociétés ou investisseurs internationaux.

Dans le cas d’une PME ou d’une entreprise individuelle, le secteur du numérique peut s’avérer profitable et moins risqué.

L’inconnue COVID-19

La grande inconnue pour l’heure, et cela est valable pour toutes les économie dites émergentes, reste la résilience dont fera preuve le pays face aux conséquences de la pandémie de Covid-19. A tel point que la Banque Mondiale a mis en place au Sénégal un plan d’action d’urgence pour aider à stabiliser l’économie tant sur le plan public que privé. Malgré des chiffres encourageants, la forte dépendance du pays aux exportations de matières premières restent encore à ce jour son talon d’Achille. 

A moyen terme, la potentielle vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques est à prendre en considération : tout investissement dans un pays avec une façade maritime importante est à adapter en conséquence.

Le Sénégal est très certainement un pays plein d’avenir, gageons qu’il saura rebondir sur le programme ambitieux du président Macky Sall, hors de prises de position strictement partisanes, et pourra ainsi « transformer l’essai » sur le long terme. 

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