La polémique enfle suite à l’arrêt de l’émission Questions pour un champion en semaine par France TV qui «persiste et signe.» Une décision qui fait bondir Gilles Djéyaramane élu local français, observateur passionné et militant de la Francophonie. Il nous livre son opinion et en appelle aux autorités françaises et aux responsables de la Francophonie
AFRIMAG : Que représente pour vous l’émission Questions pour un champion pour le citoyen francophone que vous êtes ?
Gilles Djéyaramane : Le fait d’avoir en commun une langue favorise l’existence d’un espace de vie partagé. Mode de pensées, littérature, références historiques, monde cinématographique, musique, sont autant de points qui créent un espace propice aux échanges, à la création et aux affaires mais aussi j’insiste au partage de valeurs universelles de liberté, d’égalité, d’amitié fraternelle, de recherche de la justice…
Questions pour un champion est une émission de culture générale qui, pour moi, incarne pleinement les valeurs de la Francophonie d’une part sur le fond au travers du savoir véhiculé et partagé mais aussi sur la forme avec le savoir-être et l’humanisme de deux de ses présentateurs emblématiques : Julien Lepers et Samuel Etienne…
De nombreux francophones que j’ai rencontrés d’Abidjan, Antananarivo, Bangkok ou Pondichéry me parlent de cette émission de référence.
AFRIMAG : L’émission n’est arrêtée qu’en semaine, ne pensez-vous pas que tout cela est exagéré ?
Gilles Djéyaramane : Tout d’abord, si France TV nous annonce que cette réorganisation ne concerne que la semaine, il n’y a aucune garantie qu’elle perdure à long terme. Il est probable que la chaine commence par réduire la voilure avant de stopper la diffusion… À mon avis, c’est une très mauvaise décision qui manque de vision stratégique.
Premièrement, cette émission est regardée par de nombreux spectateurs en France, mais aussi dans tout l’espace francophone et voire au-delà. Elle reflète une certaine vision de la Francophonie qui est celle du partage, de la culture et de l’ouverture sur l’autre. Nous avons eu des présentateurs qui ont toujours mis en avant cette philosophie et une véritable fraternité francophone. Par ailleurs, plusieurs éditions spéciales sont consacrées à l’espace francophone. Il y a l’édition spéciale « langue française », il y a aussi des éditions spéciales qui concernent les établissements scolaires… et puis nous savons tous en tant que francophone que cette émission est à nouveau rediffusée sur d’autres canaux de télévision visible dans le monde mais également très souvent reprise sur les réseaux sociaux. Ce sont donc de nombreux francophones et francophiles qui sont orphelins de ce changement brutal.
Deuxièmement, pour se placer dans un contexte purement français, et en qualité d’élu local, nous constatons que cette émission est un rendez-vous quotidien pour de nombreux seniors, aussi bien dans les maisons de retraite que seuls et isolés. Le jeu mobilise un certain nombre de fonctions cognitives qui stimulent tous les spectateurs notamment les plus âgés. Là encore, je suis extrêmement étonné.
Troisièmement, les émissions de culture générale se font rares. Nous avons un niveau de connaissance qui est discutable en France comme dans le monde avec le développement du numérique et de certains travers qui en découlent. Il me semble que le service public français qui se targue de maintes nobles vertus remplit avec une émission de ce type pleinement sa mission de promotion de la culture et de la connaissance auprès des citoyens français et francophones. Pourquoi la sacrifier ?
AFRIMAG : Que proposez-vous concrètement ?
Gilles Djéyaramane : L’indignation est grande et nombreuses sont les personnes qui regrettent cette situation : téléspectateurs, élus notamment des députés, animateurs etc.
J’en appelle donc à Madame la ministre de la Culture et à Monsieur le ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux et je m’interroge sur le point de vue de la Présidence de la République française.
J’en appelle bien évidemment à Madame la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et aux responsables de l’Assemblée parlementaire francophone notamment actuellement réunis à Paris à l’occasion de la 50e session de leur organisation.
Il faut impérativement sauver Questions pour un champion…





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