Face au déficit chronique de financement qui freine l’innovation agricole en Afrique subsaharienne, Proparco renforce son engagement en injectant 12 millions de dollars dans le fonds Acumen Resilient Agriculture Fund II (ARAF II). L’objectif : soutenir une nouvelle génération d’entreprises capables d’améliorer la sécurité alimentaire, les revenus des petits exploitants et l’adaptation du secteur aux effets du changement climatique.
Proparco poursuit son offensive en faveur de l’agriculture durable en Afrique. L’institution française de financement du secteur privé a annoncé, jeudi 16 juillet, un investissement de 12 millions de dollars dans l’Acumen Resilient Agriculture Fund II (ARAF II), un fonds de capital-risque destiné à accompagner les jeunes entreprises innovantes de l’agriculture en Afrique subsaharienne.
Cette nouvelle enveloppe s’inscrit dans la continuité du soutien déjà apporté à la première génération du fonds, ARAF I. Géré par Acumen, acteur de référence de l’investissement à impact, ARAF II cible des entreprises développant des solutions capables de renforcer la résilience climatique, d’améliorer la sécurité alimentaire et d’accroître les revenus des petits producteurs.
À travers cet investissement, Proparco entend notamment faciliter l’accès des petits exploitants aux marchés, aux services agricoles, aux financements et aux technologies dites « climato-intelligentes », devenues essentielles face à la multiplication des chocs climatiques.
Des retombées attendues sur l’emploi et l’inclusion
Selon Proparco, cette opération devrait permettre de créer ou de préserver plus de 2 900 emplois tout en améliorant l’accès des populations rurales à des services essentiels. Le fonds bénéficie également du label 2X Challenge, qui distingue les investissements favorisant l’autonomisation économique des femmes.
« Grâce à notre investissement dans ARAF II, Proparco soutient des entrepreneurs qui développent des solutions concrètes pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les conditions de vie des agriculteurs et accroître la résilience climatique en Afrique », a souligné Guillaume Barberousse, directeur du département des investissements de Proparco.
Le financement, principal frein à la transformation agricole
Cette nouvelle injection de capitaux intervient dans un contexte où l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement des start-up et des PME agroalimentaires africaines.
Le paradoxe est bien connu : l’Afrique abrite près de 60 % des terres arables non cultivées de la planète, selon la Banque africaine de développement (BAD), mais reste fortement dépendante des importations alimentaires et demeure la région la plus exposée à l’insécurité alimentaire.
Autre contradiction majeure : alors que l’agriculture représente près de 30 % du PIB du continent, le secteur ne capte qu’environ 6 % des crédits bancaires. Une faiblesse qui pénalise avant tout les petits exploitants, responsables de près de 80 % de la production agricole africaine.
Pour combler ce déficit, plusieurs États africains misent désormais sur des mécanismes de partage des risques afin d’attirer davantage de capitaux privés. Fonds de garantie, partenariats public-privé, financements concessionnels ou encore « challenge funds » se multiplient pour faciliter l’accès au crédit des entreprises agricoles.
Une nouvelle étape pour ARAF
Depuis son lancement, le fonds ARAF a étudié près de 700 opportunités d’investissement et accompagné 14 entreprises en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Avec cette deuxième génération, une vingtaine de nouvelles sociétés devraient bénéficier d’un appui financier afin de développer des solutions innovantes pour renforcer la sécurité alimentaire et accélérer l’adaptation de l’agriculture africaine aux effets du changement climatique.
En consolidant son engagement auprès d’ARAF II, Proparco confirme ainsi sa volonté de faire de l’innovation entrepreneuriale un levier majeur de la transformation agricole du continent, dans un contexte où les besoins de financement demeurent considérables et où les enjeux climatiques imposent une accélération des investissements.











