La Banque mondiale vient d’approuver deux programmes majeurs totalisant 650 millions de dollars en faveur du Maroc. Objectif : accélérer la transformation numérique du Royaume et consolider sa résilience face aux risques climatiques, aux catastrophes naturelles et aux cybermenaces. Une nouvelle étape dans la stratégie de modernisation du pays à l’horizon 2030.
Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a donné son feu vert à un programme de 250 millions de dollars destiné à soutenir la stratégie nationale «Maroc Digital 2030.» Ce financement vise à accélérer la digitalisation des services publics, renforcer l’écosystème des start-up et stimuler l’innovation technologique, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Le programme prévoit notamment la mise en place de services publics numériques davantage centrés sur les besoins des citoyens et des entreprises, ainsi que l’adoption progressive de solutions cloud au sein de l’administration. Il ambitionne également de soutenir la transformation numérique des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), de développer le secteur de l’externalisation et d’élargir le vivier national de compétences numériques.
Conçu en étroite collaboration avec le gouvernement marocain, ce programme cible des résultats concrets d’ici 2031. Une attention particulière sera accordée à l’inclusion des jeunes et des femmes dans l’économie numérique.
Un portail unique et un portefeuille numérique pour les citoyens
Parmi les mesures phares figure la création d’un portail national unifié permettant d’accéder aux principaux services publics en ligne. L’objectif est de réduire les déplacements administratifs et d’améliorer l’expérience utilisateur.
Le projet prévoit également le lancement d’un portefeuille numérique national, relié à la carte d’identité électronique, afin de permettre aux citoyens de stocker et partager en toute sécurité leurs documents officiels sous format numérique.
Par ailleurs, des centres d’excellence dédiés à l’IA seront développés pour renforcer les capacités d’innovation du pays. Grâce à des mécanismes de partage des risques soutenus par l’État, le programme devrait mobiliser près de 200 millions de dollars de capitaux privés en faveur des start-up et de la numérisation des PME.
400 millions de dollars pour faire face aux risques climatiques et cybernétiques
Le second programme, doté de 400 millions de dollars, vise à renforcer la résilience financière du Maroc face aux effets du changement climatique, aux catastrophes naturelles et aux cyber-risques.
Pour atteindre cet objectif, plusieurs dispositifs seront mis en œuvre, notamment le développement de mécanismes d’assurance contre les catastrophes et les cyberattaques, le renforcement des infrastructures de paiement numérique et l’amélioration des capacités de supervision des régulateurs financiers.
Ces mesures doivent permettre de mieux protéger les ménages, les entreprises et l’ensemble du système financier face à des risques de plus en plus fréquents et complexes.
Attirer les investissements privés dans les infrastructures vertes
Le programme prévoit également la création d’une facilité de préparation de projets destinée à constituer un portefeuille de projets bancables dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports durables et les infrastructures hydrauliques.
Afin d’encourager l’investissement privé, des mécanismes de financement mixte et des outils issus des marchés de capitaux seront déployés pour réduire les risques et accélérer le financement de projets alignés sur les objectifs climatiques du Royaume.
Sur les cinq prochaines années, cette initiative ambitionne de mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de capitaux privés, de mettre en place 1 milliard de dollars de financements prédéterminés en cas de catastrophe et d’étendre la couverture contre les cyber-risques à au moins vingt institutions financières.
Une vision intégrée pour le Maroc de demain
Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur de Division de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, ces deux programmes répondent directement aux grandes priorités stratégiques du Royaume.
«Ces deux nouveaux programmes s’inscrivent au cœur des priorités de transformation du Maroc : une économie dynamisée par le numérique, un écosystème d’innovation dynamique et une nation financièrement résiliente, capable de gérer les risques climatiques, les catastrophes et les cyber-risques d’un monde en mutation rapide », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette double initiative contribuera à bâtir une architecture de développement intégrée pour la prochaine décennie, fondée sur la mobilisation des capitaux privés, la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, ainsi que l’accélération des engagements climatiques du Maroc.»





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