Trump veut écarter l’économiste vedette de Goldman Sachs, coupable d’avoir montré que ses tarifs douaniers pèsent surtout sur les consommateurs américains
Impacts inflationnistes des tarifs douaniers

La guerre des statistiques de Trump continue. Après avoir nommé l’économiste conservateur E. J. Antoni à la direction du Bureau of Labor Statistics, le 45e président des États-Unis s’est livré, semaine dernière, à une attaque en règle contre David Solomon, PDG de la prestigieuse banque d’affaires Goldman Sachs, lui suggérant sur Truth Social de «se trouver un nouvel économiste» ou «peut-être, se concentrer uniquement sur sa carrière de DJ.» En cause : les prévisions de l’équipe de Jan Hatzius, économiste en chef de longue date de l’institution, sur l’impact inflationniste des tarifs douaniers.
Que reproche exactement Trump à Jan Hatzius ? D’avoir démontré, chiffres à l’appui, que les consommateurs américains ont absorbé 22 % du coût des droits de douane jusqu’en juin, et qu’ils pourraient en supporter jusqu’à 67 % dans les prochains mois. Autrement dit : loin des affirmations présidentielles, ce ne sont pas les «gouvernements étrangers» qui paient la facture, mais bien les Américains. Un constat partagé par la plupart des économistes mais manifestement insupportable à Trump.
Les faits sont pourtant là : Apple chiffre le coût des surtaxes à 1,1 milliard de dollars pour le trimestre en cours, Nike évoque une perte de près de 1 milliard pour 2026. Ford et General Motors font état d’un impact significatif sur leurs bénéfices. Mais peu importe pour Trump : si la réalité ne correspond pas à son récit, c’est qu’il faut changer d’économistes. Même s’il s’agit de Jan Hatzius, figure respectée de Wall Street, qui avait brillamment anticipé la crise des subprimes en 2008. Non, le président affirme mordicus que ses tarifs douaniers n’ont causé «ni inflation ni autres problèmes à l’économie américaine.»
Le chantage aux commissions
Le message est clair : les analyses qui contredisent la ligne Trump sont suspectes, leurs auteurs déloyaux. Une semaine avant les révélations de Jan Hatzius, le président organisait une conférence à la Maison-Blanche avec Stephen Moore, autre économiste de la Heritage Foundation, pour présenter des «statistiques alternatives» censées prouver que les chiffres de l’emploi avaient été manipulés.
Il a aussi exigé la démission de Lip-Bu Tan, PDG d’Intel, en raison de ses liens commerciaux avec la Chine, et a signé un décret ordonnant aux régulateurs d’enquêter sur de possibles discriminations bancaires fondées sur les opinions politiques ou la religion après s’être lui-même vu refuser l’ouverture de comptes à la fin de son premier mandat.
Les grandes banques américaines se retrouvent prises en étau. D’un côté, elles doivent rester fidèles à la réalité économique pour préserver leur crédibilité. De l’autre, elles craignent les représailles d’un président susceptible qui n’hésite pas à personnaliser ses attaques. Et l’enjeu est colossal : les six plus grandes banques américaines sont en lice pour gérer l’introduction en Bourse potentielle de Fannie Mae et Freddie Mac (deux géants hypothécaires aux États-Unis) une opération qui pourrait rapporter des dizaines de millions de commissions.
Avec Le Point
![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-320x158.jpg)




Etats-Unis![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-450x221.jpg)


![Tribune | Licenciements de masse et recomposition du capitalisme mondial : quelles implications pour l’espace francophone ? [Par Benoist Mallet Di Bento] Longtemps associés à des cycles de crise, ils apparaissent désormais comme des instruments ordinaires d’ajustement stratégique. Dans plusieurs grandes organisations internationales, la réduction des effectifs n’est plus uniquement une réponse défensive, mais un levier d’optimisation, parfois même valorisé par les marchés financiers.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Licenciement--450x214.jpg)


