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Le premier choc géopolitique survient en 711 ap. J.-C, lorsque le chef militaire Omeyyade Tariq ibno Ziyad et son armée musulmane franchissent le détroit, inaugurant sept siècles de présence musulmane marqués par une culture andalouse rayonnante sur les deux rives.

Le détroit de Gibraltar est un lieu, comme dirait Paul Pascon (ethnoloque franco-marocain), un lieu composite qui porte en ses eaux les mémoires superposées de périodes historiques multiséculaires. En effet, dès le 9ème siècle av. J.-C, les Phéniciens y tissent les premiers liens entre l’Afrique et l'Europe, suivis par les Carthaginois puis les Romains, qui transforment ce passage en artère vivante d'échanges humains et commerciaux.

Ce conflit constitue un choc supplémentaire pour une région déjà confrontée à une faible croissance de la productivité, à un dynamisme limité du secteur privé et à des défis persistants sur le marché du travail.

Le récent conflit au Moyen-Orient a entraîné des répercussions économiques graves et immédiates sur les pays de la région environnante. La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques et publiques ont fortement perturbé les marchés, accru la volatilité financière et affaibli les perspectives de croissance pour 2026, selon la dernière édition du Bulletin économique de la Région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP) publiée par le Groupe de la Banque mondiale.

Alors que le système international s'enlise dans ce que certains politologues qualifient de «monde multiplexe» (Achariya A2017) ; une configuration sui generis où la puissance militaire demeure concentrée tandis que la gouvernance mondiale se fragmente, le Maroc s'est progressivement imposé comme un «pivot systémique» de premier ordre.

En relisant un article d’un de mes professeurs feu Abdelhaï LAABI,(Les fonctions internes de la détente dans les systèmes politiques du triangle euro-arabo-africain : l’image oubliée de l’interdépendance Nord-Sud, Etudes internationales n 1 1980), il m’est venu l’idée d’étudier l’impact non pas de la détente mais cette fois des conflits post-guerre en Ukraine sur les acteurs du Sud de la Méditerranée et voir comment des pays comme le Royaume du Maroc naviguent les soubresauts du système international.

L’analyse des données recueillies démontre sans ambages que le monde arabe est rentré dans une nouvelle phase puisque non seulement le centre de gravité du système s'est déplacé du Machrek vers la péninsule Arabique deux pays sortent du lot cette fois l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui sont devenus les pôles structurants d'une compétition désormais économique autant que stratégique mais surtout l’idéologie du panarabisme a cédé la place aux rivalités géopolitiques et sectaires et surtout les conflits intra-étatiques (guerres civiles, fragmentation, effondrement des institutions) ont supplanté les conflits interétatiques qui structuraient la période antérieure.

Le Moyen-Orient est une fois encore à la une de l’actualité internationale et le théâtre d’une série d’événements géopolitiques majeurs qui vont redessiner la carte du monde arabe et de la région MENA héritée des accords de Sykes Pico, nous assistons en effet à des changements qui ont débuté en 2011 avec le ‘Printemps arabé’ puis en 2015 suite à la guerre au Yémen et l’entrée en scène de proxys manipulés par des puissances extérieures Daech, les Houtis, Hezbollah, le Polisario et j’en passe

En rejoignant Afreximbank, l’Afrique du Sud, l’une des principales économies du continent, consolide son positionnement dans une vision africaine fondée sur l’intégration régionale et la transformation du commerce. Cette adhésion intervient dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et une remise en question de la coopération internationale, poussant l’Afrique à renforcer ses mécanismes de solidarité économique et financière.

L’adhésion officielle de l’Afrique du Sud à l’accord fondateur de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) marque un tournant majeur pour l’intégration économique africaine. À travers un ambitieux programme pays de 8 milliards de dollars, Pretoria s’inscrit désormais au cœur d’une stratégie continentale visant à renforcer le commerce intra-africain, la souveraineté financière et une croissance plus inclusive.