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Fin du régime de Roch Marc Christian Kaboré : à quoi aura servi la révolution de 2014 ?

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Applaudie au départ par les populations, l’alternance n’est plus en odeur de sainteté aux Pays des Hommes Intègres. La gestion de la dernière transition (novembre 2014-janvier 2016) ainsi que celle du régime déchu du Président Roch Marc Christian Kaboré, laissèrent à désirer dans une zone où les hostilités armées vont au-delà du territoire. La junte du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration du Burkina (MPSR) Faso remet à zéro les espoirs d’un peuple  qui pensait aller de l’avant, 8 ans plus tôt.

Le Pays des hommes intègres s’était fait remarquer mi des années 2010 avec la révolution qui fera tomber Blaise Compaoré. Éjecté du pouvoir pour avoir voulu modifier la loi fondamentale (constitution) afin de se maintenir aux affaires après 27 ans d’exercice.

Médiateur attitré de la sous-région à l’époque, le Burkina Faso de Blaise Compaoré était devenu un havre de paix dans une région en proie à la déstabilisation. Ce qui ressemblait plus à un pacte de non agression avec les groupes terroristes. Son départ a changé la donne avec l’émergence continue des attaques terroristes qui feront mouche. Début 2016, ces éléments armés qui se retrouvent déployés entre le Mali et le Niger sévissent en plein cœur de Ouaga. Un tournant dans la transition conduite par le Lieutenant-colonel Izaac Zida, Premier ministre de l’époque et détenteur du portefeuille du ministère de La Défense. Malgré tout, la transition passera la main à Roch Marc Christian Kaboré qui avait d’ailleurs ouvert une procédure contre Zida aujourd’hui en exil au Canada. Le président élu en décembre 2015 qui sera mis à l’épreuve lors des attentats de Ouaga, a eu un règne mitigé. Bien que reconduit en décembre 2020, il a vu son pays crouler sous les boutoirs djihadistes et terroristes venant du Mali voisin.

Un syndrome qui a fini par provoquer un malaise dans l’armée. C’est également la conséquence de l’éviction du Premier ministre d’alors  ainsi que le limogeage des ministres de la Défense et de la sécurité. Aussi, les hostilités populaires prirent forme et la France sera vue d’un mauvais œil. Les burkinabè reprochent Paris de soutenir implicitement les rebelles du Nord. Le blocage du convoi militaire de Barkhane venu d’Abidjan sera la parfaite illustration.

Du déjà vu comme avec les Jeunes Patriotes de Côte d’Ivoire en 2010 conduits par Charles Blé Goudé à qui le temps finira par donner raison une décennie après : l’intervention française en terre sahélienne perd de sa saveur et les populations le montrent. L’ancienne puissance coloniale aura donné l’impression d’être dans des calculs géopolitiques alors que les époques, les leaders et les générations ont changent.

Pire, les sorties de Jean-Yves Le Drian, patron de la diplomatie française ou de Florence Parly, ministre des Armées sur la zone n’ont pas arrangé les choses. Le désaveu de l’ex-puissance coloniale a d’ailleurs été affiché lors du blocus d’un convoi militaire français venu d’Abidjan en principe pour Niamey. Une grogne réprimée par l’administration Kaboré qui a aussi coupé internet dans la foulée. C’est bien de là que le déclin du Président réélu a pris forme. Le Lock out du net a continué à galvaniser ce peuple exigeant qui avait du mal à s’informer et s’irritait face aux lourdes défaites de l’armée du Faso en plus de ces villages mis à feu par les mouvements terroristes. Sauf qu’au niveau de Bamako, les populations sont sorties pour une dénonciation au vitriol des impérialistes accusant les militaires français d’être de connivence avec les forces du mal à l’effet de faire main basse sur les richesses du Sahel. Et dire que pareilles manifestations de la même nature ont lieu au Niger et deviennent récurrentes.

Les arguments brandis pour exiger le départ de ces troupes, sont les mêmes dans ces trois pays non moins membres du G5 Sahel. D’ailleurs, ce sentiment dit « anti-francais », au-delà des manifestations, a décomplexé les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer, subissant au quotidien la folie meurtrière des terroristes. Néanmoins l’on peut se poser la question de savoir ce que devient l’alternance prônée par le peuple du Burkina en 2014. La fin de mission du désormais ex-Président Roch Marc Christian Kaboré marque un échec latent de la révolution qui a perdu la main avec l’immixtion des militaires dont ceux du RSP (Régiment de la sécurité présidentielle).

On en saura plus avec la charte que prévoit proposer Son Excellence Paul-Henri Sandaogo Damiba, nouvel homme fort du Burkina. Pourra t-il  » restaurer » le pays et mettre le Faso sur les rails ? Le temps nous dira ! !

 

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