Les pays africains n’ont jusqu’ici mobilisé que 5,52 milliards de dollars à travers l’émission de sukuks souverains, selon un rapport publié par le cabinet Abbas Chérif spécialisé dans la finance islamique basé en Côte d’Ivoire
Ce montant représente 0,7% du montant des sukuks en circulation au niveau mondial. Autant dire une broutille, comparée à l’encours de 788 milliards de dollars d’obligations «charia-compatibles» logés actuellement à l’actif des banques et des fonds d’investissement islamiques.
En Afrique, les obligations «halal» ont commencé à attirer l’attention des Etats depuis près d’une décennie mais la mayonnaise n’a pas vraiment pris. Au total, neuf pays du continent ont déjà émis 773 sukuks. Il s’agit de la Gambie, la Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud, du Soudan, du Togo, du Mali et du Maroc. La Gambie se distingue avec le plus grand nombre d’émissions, précisément 730 opérations mais avec des montants modestes. Banjul a en effet mobilisé 446 millions de dollars grâce à des émissions ayant des maturités oscillant de 3 à 12 mois. L’Afrique du Sud reste le pays le plus actif (1,54 milliard de dollars), devant le Nigeria (1,43 milliard), le Sénégal (985,4 millions) et la Côte d’Ivoire (460 millions).
Les émissions de sukuks en Afrique se font majoritairement en devises et ont des taux allant d’environ 2% (le Maroc en octobre 2018) à plus de 16% (le Nigeria en septembre 2017).
Malgré les faibles volumes levés jusqu’à présent, le cabinet Abbas Chérif relève dans son rapport que l’appétit, aussi bien des investisseurs que des émetteurs, pour les sukuks sur le continent irait en augmentant, même si cette attractivité restera dépendante de la perception du risque (élevé) par des investisseurs internationaux.











