L’agence S&P Global Ratings (Standard & Poor’s) a confirmé vendredi 17 avril, la notation de crédit souverain du Togo à court et à long terme en devises étrangères et locales, à « B+/B » avec perspectives stables. En ce qui concerne le risque lié au transfert et à la convertibilité, le Togo est noté « BBB- », soit deux rangs au-dessus du risque adossé à la dette. L’agence de notation financière salue la diversification de l’économie et le dynamisme de la plateforme portuaire de Lomé.
Pour les analystes de Standard & Poor’s, la perspective stable reflète une certaine résilience de l’économie togolaise. Malgré le conflit actuel au Moyen-Orient et son impact sur les prix du pétrole et du gaz, le Togo continuera d’afficher une croissance relativement forte et de poursuivre son assainissement budgétaire, assurent-ils. Toutefois, une escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait peser sur la dynamique de croissance, notamment en 2026, et ralentir l’assainissement des finances publiques ou aggraver les déséquilibres extérieurs.
Le Togo continue de consolider sa position de plaque tournante logistique majeure pour l’Afrique de l’Ouest, notamment grâce à la modernisation de ses deux axes de transport essentiels : le port de Lomé, l’un des plus actifs du continent, et l’aéroport de Lomé, plaque tournante de la compagnie ASKY Airlines, en pleine expansion.
Par ailleurs, les efforts de diversification de l’économie se concrétisent, comme en témoigne le développement de la zone industrielle d’Adétikopé, qui attire les investissements étrangers dans des secteurs tels que l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et le secteur manufacturier. Enfin, le secteur agricole, de loin le plus important employeur du pays, devrait bénéficier du soutien de pouvoirs publics à travers des initiatives visant à accroître les rendements par la mécanisation et la modernisation des méthodes agricoles.
Une trajectoire de croissance dynamique jusqu’en 2029
L’assainissement budgétaire devrait se poursuivre, relève Standard & Poor’s. En conséquence, le déficit budgétaire se réduirait à 3 % du PIB d’ici 2027 contre 3,5 % en 2025. Le gouvernement déploie des mesures fiscales visant à accroître les recettes d’environ 0,5 % du PIB par an, tout en rationalisant les dépenses afin de dégager plus de marges de manœuvre pour les dépenses sociales et d’investissement.
Cela étant dit, il pourrait apporter un soutien supplémentaire à l’économie pour faire face aux difficultés géopolitiques, ce qui pourrait peser sur la trajectoire du déficit qui pourrait atteindre 3,3 % en 2026, alors que le gouvernement se fixe l’objectif de 3 % du PIB. De même, les déficits de la balance courante devraient se creuser temporairement en raison de l’impact attendu de la hausse des matières premières sur la facture des importations.
Le PIB devrait avoir progressé de 6,2 % en 2025, porté par une consommation privée et des investissements privés dynamiques. Le secteur tertiaire a bénéficié du dynamisme des infrastructures de transport clés du pays. Le trafic au port de Lomé, le plus important du Golfe de Guinée, a augmenté de 14 % en 2025 dont une croissance de 11 % pour le transbordement.
Investissement dans le ferroviaire
Les investissements publics et privés dans les projets d’infrastructure et le secteur agricole devraient continuer à soutenir la croissance économique.
La concurrence accrue au niveau régional pousse le gouvernement à déployer des projets d’infrastructures de transport au-delà du plan national de développement qui s’est achevé en 2025. Par exemple, avec le soutien de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, Lomé construira sa première ligne ferroviaire reliant son port à la zone d’Adétikopé (un port sec), avec pour objectif de réduire à moins de 48 heures le temps de traitement des conteneurs arrivant au port. Ce projet sera complété par la modernisation de la route nationale 1, qui relie le port de Lomé au Burkina Faso.
Bien que certains projets puissent être associés à des partenariats public-privé, les investissements publics devraient représenter en moyenne 8 % du PIB sur la période 2026-2029. Les investissements privés gagnent également du terrain. Par exemple, le port de Lomé, géré par l’armateur italo-suisse MSC, prévoit d’investir environ 79 milliards de francs CFA (120 millions d’euros) pour accroître sa capacité d’ici 2027. Parallèlement, suite au succès de la plateforme Industrielle d’Adétikopé, le gouvernement veut aménager une nouvelle à Agbélouvé, à 65 kilomètres au nord de Lomé. L’objectif de ces zones est d’attirer des investissements dans le secteur manufacturier, notamment dans le textile, l’agroalimentaire et l’industrie pharmaceutique, afin de soutenir la diversification économique du pays.
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