Comme attendu, l’agence de notation américaine Fitch, l’une des principales agences après S&P et Moody’s, a décidé de dégrader la note de la France à «A+.»
La dégradation des finances publiques françaises sont la principale cause de cette évaluation mal venue dans un contexte politique et institutionnel difficile
C’était un secret de polichinelle et une perspective malheureusement attendue. En raison de finances publiques dégradées, l’agence de notation Fitch a dégradé la note de la France qui passe dans le club des «A» à «A+». En mars dernier, Fitch avait maintenu la note à «AA-», avec une perspective négative. L’agence pointait alors «le niveau élevé de la dette publique par rapport au PIB» et un «faible bilan en matière d’assainissement budgétaire.» Dans la foulée, le ministre sortant de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a pris acte de la décision prise par Fitch.
Il évoque une décision «motivée par la situation de nos finances publiques et l’incertitude politique malgré la solidité de l’économie française.» Par ailleurs, il ajoute que le nouveau Premier ministre a «d’ores et déjà engagé la consultation des forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation afin de poursuivre les efforts de rétablissement de nos finances publiques.»
Un déficit difficile a résorber
Si Fitch dégrade la note de la France à «A+», elle ajoute une perspective stable, mais sanctionne donc le pays pour son instabilité politique persistante et les incertitudes budgétaires qui contrarient l’assainissement de ses comptes publics très dégradés. «La chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure,» précise Fitch dans un communiqué.
«Cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur,» a ajouté l’agence américaine, estimant improbable de ramener le déficit public sous 3% du PIB en 2029 comme l’ambitionnait le gouvernement sortant. Surtout, cette décision intervient à un moment où les taux d’emprunt du pays ont déjà grimpé. Pour rappel, la France prévoit un déficit public de 5,4% du PIB en 2025, bien au-dessus de la limite de 3% fixée par les règles budgétaires européennes, et sa dette dépasse 3 300 milliards d’euros, soit presque 114% du PIB.
L’ironie de Bayrou
Ces agences de notation, comme Fitch, mais également Moody’s ou encore S&P Global (qui vient de relever la note de l’Espagne à «A+») classent la qualité de crédit des Etats, soit leur capacité à rembourser leur dette. Un Etat bien noté emprunte moins cher. Au contraire, une dégradation renvoie le message d’un placement devenu plus risqué, ce qui peut pousser les investisseurs à demander une meilleure contrepartie pour prêter de l’argent, augmentant ainsi le coût de financement.
Dans la foulée, le Premier ministre démissionnaire, François Bayrou, a pointé du doigt sur X cette rétrogradation, tout en ironisant : «Note Fitch : un pays que ses ‘élites’ conduisent à refuser la vérité est condamné à en payer le prix.» De son côté, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, estime que cela «risque de coûter très cher aux Français» et réclamé «d’urgence un budget de redressement des finances de l’État, avec une vraie baisse des dépenses, qui ne soit pas censuré.»
Avec AFP
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