Le Fonds monétaire international et les autorités mauritaniennes ont conclu un accord au niveau des services portant sur les dernières revues de plusieurs programmes en cours et sur un nouveau dispositif de financement. Objectif : renforcer la stabilité macroéconomique, soutenir les réformes et répondre aux pressions économiques internationales.

En mission à Nouakchott du 31 mars au 10 avril 2026, une équipe du FMI dirigée par Felix Fischer est parvenue à un accord avec les autorités mauritaniennes sur plusieurs volets clés.
Un accord global et un nouveau programme ambitieux
Celui-ci concerne la sixième et dernière revue du programme soutenu par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la cinquième et dernière revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Au-delà de ces évaluations, les deux parties se sont entendues sur un nouveau programme mixte MEDC/FEC d’une durée de 42 mois. Ce dispositif vise à répondre aux besoins de financement du pays, notamment dans un contexte international marqué par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, tout en accompagnant la mise en œuvre du Plan national de développement.
Sous réserve de validation par le Conseil d’administration du FMI, la Mauritanie pourrait bénéficier de décaissements immédiats et futurs totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars.
Une économie résiliente malgré les chocs extérieurs
L’économie mauritanienne affiche une certaine résilience. La croissance s’est établie à 4,0 % en 2025, légèrement en deçà des prévisions initiales. Elle devrait atteindre 4,8 % en 2026, portée principalement par le secteur extractif.
En revanche, le secteur non extractif montre des signes de ralentissement, avec une croissance attendue de 4,4 %, impactée notamment par la hausse des prix du pétrole et la baisse de la demande mondiale.
Le FMI souligne toutefois que la gestion macroéconomique prudente menée ces dernières années a permis au pays de se constituer des marges de manœuvre budgétaires et extérieures appréciables.
Réformes économiques et gouvernance au cœur des priorités
Le nouveau programme s’articule autour de trois axes majeurs : la consolidation de la stabilité macroéconomique, la réduction de la pauvreté et l’amélioration de la gouvernance.
L’institution insiste sur la nécessité d’institutionnaliser la règle budgétaire et d’introduire davantage de flexibilité dans le taux de change afin de mieux absorber les chocs externes. Elle recommande également à la banque centrale de rester vigilante face aux pressions inflationnistes.
Sur le plan structurel, des avancées ont été enregistrées, notamment dans la lutte contre la corruption avec la mise en place progressive de l’autorité dédiée et l’introduction de mécanismes de déclaration de patrimoine. Le FMI appelle toutefois à accélérer la mise en œuvre des réformes, en particulier celles concernant les entreprises publiques et la zone franche de Nouadhibou.
Un accent renforcé sur le social et la résilience climatique
Face aux effets de la conjoncture internationale, les autorités mauritaniennes ont renforcé les dispositifs sociaux, notamment à travers des transferts monétaires ciblés bénéficiant à plus de 124 000 ménages vulnérables.
Par ailleurs, la Facilité pour la résilience et la durabilité reste un levier important pour faire face aux défis climatiques. Parmi les réformes attendues figurent la révision de la tarification de l’eau et l’intégration des risques climatiques dans la gestion des investissements publics.
Ces mesures visent à renforcer la durabilité des infrastructures et à mieux préparer le pays aux chocs environnementaux.
Une coopération saluée par le FMI
La mission du FMI a été marquée par des échanges avec les plus hautes autorités du pays, des membres du gouvernement, des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers.
À l’issue de cette visite, l’institution a salué la qualité du dialogue, la coopération des autorités mauritaniennes et les progrès réalisés, tout en appelant à maintenir le cap des réformes pour garantir une croissance durable et inclusive.
A noter que la délégation a rencontré le Président, Mohamed Ould Ghazouani, le Premier ministre, Mokhtar Ould Diay, le Gouverneur de la Banque Centrale, Mohamed M. Lamine Ould Dhehby, le Ministre des Affaires Economiques et du Développement, Abdallah Souleymane Cheikh Sidia, la Ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système Educatif, Houda Mint Babah, le Ministre de la Santé, Tidjani Thiam, le Ministre de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, le Ministre des Mines et de l’Industrie, Edy Ould Zeine, le Ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme Foncière, Mamadou Niang, la Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement , Amal Mint Mouloud, la Ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham Mohamed Laghdaf, ainsi que d’autres hauts responsables gouvernementaux, la société civile, l’association des banques et d’autres représentants du secteur privé, et des bailleurs de fonds.











