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Et si la France avait perdu le fil…

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francois hollande au camerounL’expression tant usitée par les jeunes en Afrique «perdre le réseau» lorsqu’ils parlent d’une personne qui est hors du coup, sied bien à la France. L’Hexagone est vraiment hors zone de connexion. Permettez que l’on emprunte cette expression du sens commun aux rues africaines. Les investissements d’envergure passent sur le continent sous le nez des entreprises françaises. Cette semaine, l’investissement annoncé par la banque d’affaires américaine Goldman Sachs et portant sur 1milliard de dollars barre la Une de plusieurs journaux ivoiriens et éclipse la visite de Hollande au Cameroun.
Même si le président français ne vient pas les mains vides, ses modestes 76 milliards de francs CFA ne semblent pas convaincre de la volonté de la France de revenir dans le coup. Pendant ce temps, la Banque africaine de développement (BAD) lève également un petit milliard de dollars pour son fonds Africa 50 dédié aux infrastructures sur le continent africain.
Dans de nombreux secteurs économiques, les entreprises de l’ancienne puissance coloniale se montrent en retrait. D’abord dans le bâtiment et les travaux publics (BTP), de jeunes groupes purement africains commencent à prendre le dessus sur d’illustres descendants des Gaulois. Au Sénégal, le groupe CSE est désormais le leader incontesté du secteur raflant beaucoup de marchés, y compris dans les pays de la sous-région comme en Gambie ou au Mali. Au Burkina Faso, Kanazoé, ne se présente plus et a acquis ses lettres de noblesse.
Dans d’autres secteurs comme celui de la banque et de l’Assurance, l’avenir se joue avec les Marocains, les Sud-africains et bien sûr les Nigérians. Quant à l’agroalimentaire, il y a bien longtemps que les entreprises françaises ne jouent plus leur partition dans la symphonie continentale. Seules, quelques grandes marques font encore de la résistance comme Lesieur, ou encore le Groupe Danone.
Il est vrai que dans l’automobile et l’aéronautique, les entreprises françaises continuent d’investir massivement, mais uniquement en Afrique du Nord. Mais, il s’agit surtout d’exceptions.
Dans les infrastructures, désormais, ce sont les Chinois et les Américains qui financent la plupart des programmes établis à travers une coopération entre Etats. Que reste-t-il alors, sur le plan économique, de la France-Afrique?

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