Le Fonds souverain gabonais, dont la gestion est assurée par le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), veut prendre une participation dans l’Union gabonaise de banque (UGB), la troisième banque du pays, filiale du groupe marocain Attijariwafa bank. Il rachètera les 3,75% de parts de l’Union gabonaise de banque actuellement détenues par la Banque gabonaise de développement (BGD), entité en cours de liquidation
D’après des sources au ministère de l’Economie, des démarches ont déjà été lancées entre les deux parties en vue de cette acquisition. A l’heure actuelle, aucune information n’a filtré concernant l’avancée des négociations ni sur la valorisation proposée pour le rachat qui permettra à l’Etat gabonais de porter sa participation à 29,84% dans la banque. Le tour de table de l’Union gabonaise de banque, 26,09% de parts sont détenues par le Trésor gabonais en plus des 3,75% de la BGD. Cette dernière est elle-même détenue à 69,01% par l’Etat, ainsi que par d’autres partenaires comme l’Agence française de développement (AFD) à 11,4%, et la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) à 8%.
La reprise des parts de la Banque gabonaise de développement dans la filiale d’Attijariwafa bank s’inscrit dans les missions du Fonds souverain, créé par l’Etat dans le but, entre autres, d’acquérir et de gérer des participations dans des entreprises stratégiques du pays. Elle répond aussi à la petite musique sur le souverainisme que les autorités entonnent depuis le putsch qui avait mis fin au règne des Bongo.
Ce fonds souverain gabonais, doté d’un capital minimum de 500 milliards FCFA (environ 830 millions de dollars), a déjà acquis plusieurs participations de l’Etat dans diverses sociétés. En 2020, il a racheté les parts historiquement détenues par BNP Paribas au sein de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon (BICIG), qu’il a ensuite cédées à l’ivoirien Atlantic Financial Group. Selon les données officielles, la valeur du Fonds souverain gabonais est passée de 202 à 343 milliards FCFA entre 2020 et 2022.
Ce ne sont pas les premières participations que la BGD va céder depuis que son agrément a été retiré par la Commission bancaire de l’Afrique centrale, le régulateur du système bancaire de la Cemac. En effet, cette banque en faillite, qui était l’actionnaire majoritaire de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale, avait cédé en 2020, ses parts au sein de cette institution.





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