La guerre au Moyen-Orient ne menace pas seulement l’approvisionnement mondial en pétrole ou en gaz naturel liquéfié (GNL). Elle fragilise aussi toute une série de matières premières essentielles à l’industrie, à l’agriculture et aux technologies de pointe comme l’hélium, l’aluminium, les engrais ou encore le soufre, le naphta ou l’éthylène.
L’hélium est l’un des exemples les plus parlants. Ce gaz rare ne sert pas seulement à gonfler des ballons, il est indispensable à certaines chaînes de production de semi-conducteurs pour refroidir l’environnement de production, à l’imagerie médicale et à l’aérospatial. Or, le Qatar en produit environ un tiers dans le monde, et les frappes sur les installations de Ras Laffan ont déjà perturbé cette filière sensible.
L’approvisionnement en engrais et en aluminium en souffrance
Les engrais sont un autre point de fragilité majeur. Le Golfe Persique est un producteur clé d’ammoniac, d’urée et de soufre, trois intrants vitaux pour l’agriculture mondiale. Selon France Chimie, le gaz peut représenter jusqu’à 80% du coût variable de certains producteurs d’ammoniaque, ce qui rend le secteur extrêmement vulnérable à tout choc sur l’énergie ou sur le transport maritime.
L’aluminium, lui, est très exposé aux perturbations dans la région. Selon l’International Aluminium Institute, le Moyen-Orient fournit entre 8 et 9% de la production mondiale, et les fonderies dépendent d’un approvisionnement continu en alumine, avec peu de stocks de sécurité. Après des attaques contre des sites de production dans le Golfe, les cours ont monté, preuve que le marché anticipe déjà des difficultés d’acheminement.
Ces matières premières n’ont pas toutes le même degré de visibilité, mais elles pèsent lourd dans l’économie réelle. L’hélium touche le secteur des puces électroniques et les hôpitaux, l’aluminium concerne l’automobile, le bâtiment et l’emballage, tandis que les engrais influencent directement les rendements agricoles et donc les prix alimentaires.
Le naphta et l’éthylène (gaz incolore), dérivés des hydrocarbures sont moins connus du grand public, mais ils sont au cœur de la pétrochimie. Ils servent à fabriquer des plastiques, des fibres synthétiques et de nombreux produits chimiques. Quand leur approvisionnement se tend, les effets se diffusent rapidement dans plusieurs secteurs industriels, rapporte l’AFP.
Le soufre, enfin, est un bon exemple de ressource polyvalente. Il est nécessaire à la fabrication d’acide sulfurique, d’engrais phosphatés, mais aussi à certaines chaînes liées aux batteries, aux véhicules électriques et à l’extraction de métaux.
Pour l’hélium, la production existe toujours mais elle est vulnérable, avec le Qatar qui représente un tiers de l’offre mondial. Pour l’aluminium, le métal continue de circuler mais à un coût plus élevé: les cours ont grimpé de 4,22 % à 3.435 dollars US la tonne après des attaques sur des fonderies au Bahreïn et aux Émirats. Pour les engrais, la guerre au Moyen-Orient a accéléré la hausse de l’urée, mais elle s’ajoute à un marché déjà durablement tendu par le coût du gaz et la fragilité de l’offre mondiale.





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